Bulletin de liaison 1
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Bulletin de liaison n°1


   La main à la pâte :

Le MAP Monde

Document "La main à la pâte"  
Guillemette Picard   map@inrp.fr
INRP 29 rue d'Ulm, 75005 Paris Paris
Publication : mai 1997 Mise en ligne : avril 1998

Sommaire :

Comment cela se passe dans la classe des autres
Le cahier d'expériences
Dans les maternelles
Dans les classes du cycle III
Prix de la "Main à la Pâte" à l'Académie des sciences
Quelques docs
Dernières nouvelles

L'opération "La main à la pâte" semble séduire. Nombre d'enseignants n'étant pas cette année concernés par cette opération se sont déclarés prêts à participer à l'extension de l'année prochaine.

Si quelques difficultés demeurent, ceux qui ont pu choisir cette année d'insister sur une démarche expérimentale parviennent petit à petit à éduquer leurs élèves au raisonnement scientifique et constatent souvent un progrès rapide. Mais beaucoup regrettent de se trouver "isolés" dans cette opération.

"Comment cela se passe dans la classe des autres ?"
Dans un souci d'avoir des fiches et des méthodes de travail qui soient adaptées à la réalité de la classe, une certaine liberté a été laissée aux enseignants dans la mise en forme des fiches d'expérience et de méthode. Il revient donc à chacun de préparer individuellement son cours selon des directives à la fois très précises et très ouvertes, si bien que certains se trouvent parfois désemparés devant des séances qui se révèlent moins probantes qu'ils ne l'avaient espéré.
Ainsi, beaucoup d'entre vous sont curieux de savoir comment cela se passe dans les autres classes. C'est pour répondre à cette curiosité que ce "Bulletin" a été lancé. Il peut être un outil de communication et d'échange sur les différentes séquences de sciences menées en classe. Or, peu de lettres m'ont été effectivement envoyées pour le remplir. Il faut certainement saisir cet outil, qui peut être un organe de liaison intéressant, avant qu'il ne disparaisse faute de contenu.


Le cahier d'expériences
Le cahier d'expériences reste une source de questionnement important pour les enseignants.

Oeil.gif (620 octets) Faut-il corriger les fautes inévitables dans le compte rendu des expériences réalisées par les élèves? Deux réponses différentes ont été choisies.

Soit, l'enseignant considère que le cahier de l'élève ne saurait comporter des fautes d'orthographe et choisit de les corriger, par exemple sur un premier jet de l'élève au brouillon.

Soit, devant le risque de refréner l'élève dans son envie d'écrire, le statut de la faute est relativisé. Dans ce cas, par exemple, un code de couleurs est adopté où ce qui est écrit par l'élève seul est noté au crayon de bois.

Oeil.gif (620 octets) Une autre difficulté est que les "constats écrits d'expériences se contentent de relater l'expérience et ne font pas apparaître des résultats qui sont pourtant passés à l'oral."

En attendant que leurs élèves soient capables d'intégrer ces constats oraux eux-mêmes à leur rendu écrit, certains choisissent de les inclure à la mise en commun. Ou bien, une autre solution consiste à "réaliser en parallèle et en s'appuyant sur une partie des travaux d'élèves un cahier de classe qui aura pour objet d'offrir un document de référence sur le travail conduit." (Renée Midol, IEN de Vaulx-en-Velin)

A partir de septembre 1997, un travail d'analyse et de recherche portant sur le cahier d'expériences sera entrepris par Anne Vérin à l'Institut national de recherche pédagogique et fait actuellement l'objet d'un appel d'offre auprès des Académies et IUFM.


Dans les maternelles...
Les maternelles mettent aussi la main à la pâte. A l'occasion de l'installation d'un télescope destiné à un club d'astronomie dans la cour de l'école maternelle "des Charmettes" au Vésinet (78), Mireille Hibon a été amenée à répondre à la curiosité de ses élèves de grande section en astronomie et petit à petit, l'enthousiasme de tous l'a conduite vers un enseignement des sciences dans divers domaines. "S'amuser avec l'air" est une de ces séquences de sciences, elle est ici très résumée mais Mireille Hibon l'a détaillée dans son livre "La physique est un jeu d'enfant" aux éditions A. Colin.

Dans un premier temps l'expérience suivante est présentée aux élèves : un mouchoir en papier est coincé dans le fond d'un gobelet en plastique que l'on retourne dans un aquarium plein d'eau. Le mouchoir reste bien sec, ce qui étonne beaucoup d'élèves. L'expérience est renouvelée en inclinant légèrement le gobelet dans l'eau pour que de grosses bulles s'échappent. La présence de l'air est ainsi mise en évidence.

Puis, les élèves jouent librement à lâcher les ballons qu'ils ont gonflés et les observent virevolter. Ils doivent ensuite se dessiner dans cette activité. Après avoir commenté les dessins-types avec les enfants, on prend de nouveau un ballon gonflé afin de leur faire remarquer que celui-ci dès qu'on le lâche commence par reculer avant de s'envoler. L'expérience peut ensuite être perfectionnée en ajoutant un système de guidage : un ballon de forme allongée est suspendu par deux petits anneaux à une ficelle fine tendue entre deux chaises. L'opposition entre les sens de la sortie de l'air et de déplacement du ballon est ainsi mieux mise en évidence.

Enfin, dans les semaines qui précèdent Noël, un "carillon des anges" est installé dans la classe. Mais, dans un premier temps, le montage du carillon est réduit à son strict minimum : la coupelle avec les quatre bougies, le pilier central, dénudé et le moulinet. Les enfants, intrigués, cherchent d'abord à faire tourner ce dernier de différentes façons, puis s'émerveillent de constater qu'une seule bougie allumée peut le mettre en marche. Un peu de talc est saupoudré au dessus du carillon : le talc "s'envole" entraîné par l'air chaud qui s'élève, mettant en rotation les pales du moulinet.

D'autres réalisations viennent compléter cette séquence.


Dans les classes du cycle III
Au niveau du troisième cycle, l'enseignement scientifique peut être plus ambitieux. Les enseignants de l'École Pasteur à Vénissieux proposent la séquence suivante.
Il s'agit d'abord de travailler sur les ombres et les lumières. Les quatre classes du cycle III procèdent au même lancement, le même jour, afin que les enfants ne puissent pas se raconter ce qu'ils ont fait. Le point de départ choisi est un conte ou une histoire.
Un même questionnaire est proposé à tous les élèves afin d'observer les différences de réaction et de cheminement des enfants d'ages et de niveaux différents, tout au long de l'expérimentation. Le questionnaire rempli est collé dans le cahier d'expérience. Il y a ensuite une mise en commun des réponses, oralement avec relevés sur affiches. Les questions posées sont les suivantes :

1. Qu'est-ce qu'une ombre ? Dessines-en une.
2. Quand vois-tu une ombre ?
3. Où vois-tu une ombre ?
4. Est-ce possible de ne pas avoir d'ombre ? Pourquoi ?
5. Est-ce possible d'avoir plusieurs ombres ? Explique.
6. Est-ce qu'on a toujours une ombre ? Pourquoi ?
7. Peut-on fabriquer une ombre ? Si tu penses oui, explique pourquoi.

Un travail avec des sources de lumière artificielles est ensuite mené à partir de l'exploitation du questionnaire sur la taille, la couleur, le nombre, la netteté, la forme, l'intensité... des images, la nature, le nombre et la position des sources lumineuses. Ces expériences peuvent être prolongées par une comparaison avec la lumière naturelle en extérieur.
Enfin, ces travaux pourront permettre d'enchaîner ensuite sur un travail plus précisément dans le domaine de l'astronomie. L'école a pu contacter un astronome de l'observatoire de Saint-Genis-Laval.
Au verso, une bibliographie est détaillée sur le thème de l'astronomie et de l'étude des ombres et lumières.
Si vous souhaitez des détails sur les séances relatées dans ce numéro, les dossiers les concernant sont disponibles à l'Inrp. Si la description de séquences de sciences vous intéresse, il est important que les uns et les autres fassent part de ce qu'il se passe dans les différentes classes afin que ce "Bulletin" puisse continuer d'exister.

Veuillez adresser vos lettres à :
Guillemette Picard
(bureau 309)
29 rue d'Ulm
75230 Paris cedex 05


Prix de "La main à la pâte" à l'Académie des sciences
Ces prix sont créés afin de saluer et de stimuler l'expérience "La main à la pâte" destinée à développer l'enseignement des sciences de la nature dans les écoles primaires

1. Trois prix de 10000 F seront attribués en 1997, à trois classes d'école primaire qui se seront particulièrement distinguées dans la mise en œuvre de "La main à la pâte". Deux de ces trois prix sont réservés aux classes engagées dans l'opération mise en place par la Direction des Écoles dans un des cinq départements concernés.
Les enseignants fourniront au Jury, avant le 15 juillet 1997, tout document ou réalisation qu'ils jugeront démonstratifs, démontrant la qualité de cette mise en œuvre.

2. Un prix de 15000 F sera attribué à une école primaire dans laquelle l'opération "La main à la pâte" aura fait l'objet d'une réelle mise en œuvre collective dans au moins 30 % des classes de cette école.
Le Directeur et les enseignants concernés fourniront au jury, avant le 15 juillet 1997, tout document ou réalisation qu'ils jugeront démonstratifs, démontrant la qualité de cette mise en œuvre.

3. Les dossiers devront être envoyés à : Madame Ajchenbaum-Boffety
Cellule de communication pédagogique,
Académie des sciences
23, quai de Conti,
75005 Paris

4. Le jury de ce prix sera composé de cinq membres de l'Académie des Sciences, un membre du Groupe National d'Accompagnement, un Enseignant d'école primaire, un Conseiller pédagogique, un Professeur d'IUFM.
Il sera présidé par Monsieur G. Charpak.

5. La remise du prix aura lieu à l'automne à l'Académie des sciences (Paris).

L'enseignant et les élèves de chacune des trois classes primées, ainsi que l'équipe pédagogique de l'école primée, seront invités à la remise des prix. Les frais de déplacement seront pris en charge pour moitié par l'Académie des sciences, l'autre moitié étant à solliciter auprès des collectivités locales.
Nous attendons vos envois, à votre initiative, avant le 15 juillet 1997.


Quelques docs...
Enthousiasmée par les succès de l'enseignement des sciences dans sa classe, Mireille Hibon a écrit deux livres :

Oeil.gif (620 octets) La physique est un jeu d'enfant (éditions Armand Colin)
Oeil.gif (620 octets) L'enfant et sa planète (éditions Armand Colin)

Lorsque sa consultation est possible, Internet peut aussi servir de ressource. Deux sites donnent la plupart des adresses des écoles qui ont créé des serveurs et proposent d'autres liens vers des extensions en sciences :

Oeil.gif (620 octets) Dédale
Oeil.gif (620 octets) Imaginet

Les sites réalisés en classe présentent en général des descriptifs de la vie de l'école (journal, photos etc...) et parfois le détail de séquences menées en classes. Par exemple, l'école de Piquecos à Toulouse consacre un volet à un travail sur l'eau.
D'autres sites sont plutôt destinés aux enseignants qui pourront y trouver des informations pour préparer leur cours :
Un site canadien qui propose des expériences très intéressantes notamment en électricité.
Le site équivalent en chimie.
Mon adresse est aussi ouverte à toutes vos suggestions pour le Bulletin ou autres...

La Direction des écoles du ministère de l'Education nationale rassemble actuellement les fiches élaborées dans les différentes circonscriptions concernées par l'expérimentation "La main à la pâte". Ces fiches et leur devenir, ainsi que l'analyse des fiches proposées par l'Inspection générale ("fiches connaissances") seront soumises au Groupe National d'Accompagnement avant le mois de Juin. Ce groupe, placé auprès de la Direction des écoles comprend notamment des membres de l'Inspection générale, de l'Académie des sciences et des IUFM.


Dernières nouvelles
L'ampleur et l'extension de l'expérimentation "La main à la pâte" au cours de l'année 97/8 y seront également évoquées ainsi que le soutien à apporter aux enseignants.

Le cahier d'expériences
Un travail d'analyse et de recherche portant sur le cahier d'expérience est entrepris par Anne Vérin à l'Institut national de recherche pédagogique et fait actuellement l'objet d'un appel d'offre auprès des académies et des IUFM.

Création d'un "Site d'activités scientifiques " à Vaulx-en-Velin
Huit étudiants de l'INSA (Institut national des sciences appliquées) de Lyon ont choisi pour leur projet de quatrième année de réfléchir à la constitution d'un Site d'activités scientifiques sur la commune de Vaulx-en-Velin. La soutenance du mémoire a été présentée sous forme de procès : les étudiants de l'INSA étaient accusés d'avoir délaissé la noblesse de la Science Théorique pour une science pratique. Pour étayer leur défense, ils avaient transformé une des salles de leur école en salle de découvertes, proposant une quinzaine d'expériences dont l'objectif était avant tout que le visiteur se pose des questions et tente d'y répondre par lui-même. Les élèves d'une classe de CM2 de Vaulx-en-Velin avaient été invités à mettre en pratique le slogan de la salle : il est interdit de ne pas toucher. L'exposé a dû être convaincant...
Grâce à divers soutiens, dont celui de l'association ADEMIR, la réalisation pratique de cette étude sera possible. Une salle de découvertes sera ouverte à Vaulx-en-Velin. Les expériences, a priori destinées aux élèves de l'école primaire, pourront bien sûr intéresser un public beaucoup plus large. Dans un prochain numéro, une fois la salle ouverte, le "Bulletin de liaison" pourra proposer un descriptif de ces expériences.

Les parents et "La main à la pâte" :
Ce point est si important que nous proposons d'en faire une rubrique dans le prochain numéro. Nous avons donc besoin de savoir si vous avez réalisé une information en direction des familles, si elles ont été impliquées dans le projet...ou simplement si vous avez pu intéresser les parents à cette expérimentation comme vous le souhaitiez.


 

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