L'opération
"La main à la pâte" semble séduire. Nombre d'enseignants n'étant pas cette
année concernés par cette opération se sont déclarés prêts à participer à
l'extension de l'année prochaine.
Si quelques difficultés demeurent, ceux qui ont pu choisir cette année d'insister sur
une démarche expérimentale parviennent petit à petit à éduquer leurs élèves au
raisonnement scientifique et constatent souvent un progrès rapide. Mais beaucoup
regrettent de se trouver "isolés" dans cette opération.
"Comment cela se passe dans la classe des
autres ?"
Dans un souci d'avoir des fiches et des méthodes de travail qui soient adaptées
à la réalité de la classe, une certaine liberté a été laissée aux enseignants dans
la mise en forme des fiches d'expérience et de méthode. Il revient donc à chacun de
préparer individuellement son cours selon des directives à la fois très précises et
très ouvertes, si bien que certains se trouvent parfois désemparés devant des séances
qui se révèlent moins probantes qu'ils ne l'avaient espéré.
Ainsi, beaucoup d'entre vous sont curieux de savoir comment cela se passe dans les autres
classes. C'est pour répondre à cette curiosité que ce "Bulletin" a été
lancé. Il peut être un outil de communication et d'échange sur les différentes
séquences de sciences menées en classe. Or, peu de lettres m'ont été effectivement
envoyées pour le remplir. Il faut certainement saisir cet outil, qui peut être un organe
de liaison intéressant, avant qu'il ne disparaisse faute de contenu.
Le cahier d'expériences
Le cahier d'expériences reste une source de questionnement important pour les
enseignants.
Faut-il corriger les
fautes inévitables dans le compte rendu des expériences réalisées par les élèves?
Deux réponses différentes ont été choisies.
Soit, l'enseignant considère que le
cahier de l'élève ne saurait comporter des fautes d'orthographe et choisit de les
corriger, par exemple sur un premier jet de l'élève au brouillon.
Soit, devant le risque de refréner l'élève dans son envie d'écrire, le statut de la
faute est relativisé. Dans ce cas, par exemple, un code de couleurs est adopté où ce
qui est écrit par l'élève seul est noté au crayon de bois.
Une autre difficulté est
que les "constats écrits d'expériences se contentent de relater l'expérience et ne
font pas apparaître des résultats qui sont pourtant passés à l'oral."
En attendant que leurs élèves
soient capables d'intégrer ces constats oraux eux-mêmes à leur rendu écrit, certains
choisissent de les inclure à la mise en commun. Ou bien, une autre solution consiste à
"réaliser en parallèle et en s'appuyant sur une partie des travaux d'élèves un
cahier de classe qui aura pour objet d'offrir un document de référence sur le travail
conduit." (Renée Midol, IEN de Vaulx-en-Velin)
A partir de septembre 1997, un travail d'analyse et de recherche portant sur le cahier
d'expériences sera entrepris par Anne Vérin à l'Institut national de recherche
pédagogique et fait actuellement l'objet d'un appel d'offre auprès des Académies et
IUFM.
Dans les maternelles...
Les maternelles mettent aussi la main à la pâte. A l'occasion de l'installation
d'un télescope destiné à un club d'astronomie dans la cour de l'école maternelle
"des Charmettes" au Vésinet (78), Mireille Hibon a été amenée à répondre
à la curiosité de ses élèves de grande section en astronomie et petit à petit,
l'enthousiasme de tous l'a conduite vers un enseignement des sciences dans divers
domaines. "S'amuser avec l'air" est une de ces séquences de sciences, elle est
ici très résumée mais Mireille Hibon l'a détaillée dans son livre "La physique
est un jeu d'enfant" aux éditions A. Colin.
Dans un premier temps l'expérience suivante est présentée aux élèves : un mouchoir en
papier est coincé dans le fond d'un gobelet en plastique que l'on retourne dans un
aquarium plein d'eau. Le mouchoir reste bien sec, ce qui étonne beaucoup d'élèves.
L'expérience est renouvelée en inclinant légèrement le gobelet dans l'eau pour que de
grosses bulles s'échappent. La présence de l'air est ainsi mise en évidence.
Puis, les élèves jouent librement à lâcher les ballons qu'ils ont gonflés et les
observent virevolter. Ils doivent ensuite se dessiner dans cette activité. Après avoir
commenté les dessins-types avec les enfants, on prend de nouveau un ballon gonflé afin
de leur faire remarquer que celui-ci dès qu'on le lâche commence par reculer avant de
s'envoler. L'expérience peut ensuite être perfectionnée en ajoutant un système de
guidage : un ballon de forme allongée est suspendu par deux petits anneaux à une ficelle
fine tendue entre deux chaises. L'opposition entre les sens de la sortie de l'air et de
déplacement du ballon est ainsi mieux mise en évidence.
Enfin, dans les semaines qui précèdent Noël, un "carillon des anges" est
installé dans la classe. Mais, dans un premier temps, le montage du carillon est réduit
à son strict minimum : la coupelle avec les quatre bougies, le pilier central, dénudé
et le moulinet. Les enfants, intrigués, cherchent d'abord à faire tourner ce dernier de
différentes façons, puis s'émerveillent de constater qu'une seule bougie allumée peut
le mettre en marche. Un peu de talc est saupoudré au dessus du carillon : le talc
"s'envole" entraîné par l'air chaud qui s'élève, mettant en rotation les
pales du moulinet.
D'autres réalisations viennent compléter cette séquence.
Dans les classes du cycle III
Au niveau du troisième cycle, l'enseignement scientifique peut être plus ambitieux. Les
enseignants de l'École Pasteur à Vénissieux proposent la séquence suivante.
Il s'agit d'abord de travailler sur les ombres et les lumières. Les quatre classes du
cycle III procèdent au même lancement, le même jour, afin que les enfants ne puissent
pas se raconter ce qu'ils ont fait. Le point de départ choisi est un conte ou une
histoire.
Un même questionnaire est proposé à tous les élèves afin d'observer les différences
de réaction et de cheminement des enfants d'ages et de niveaux différents, tout au long
de l'expérimentation. Le questionnaire rempli est collé dans le cahier d'expérience. Il
y a ensuite une mise en commun des réponses, oralement avec relevés sur affiches. Les
questions posées sont les suivantes :
1. Qu'est-ce qu'une ombre ?
Dessines-en une.
2. Quand vois-tu une ombre ?
3. Où vois-tu une ombre ?
4. Est-ce possible de ne pas avoir d'ombre ? Pourquoi ?
5. Est-ce possible d'avoir plusieurs ombres ? Explique.
6. Est-ce qu'on a toujours une ombre ? Pourquoi ?
7. Peut-on fabriquer une ombre ? Si tu penses oui, explique pourquoi.
Un travail avec des sources de
lumière artificielles est ensuite mené à partir de l'exploitation du questionnaire sur
la taille, la couleur, le nombre, la netteté, la forme, l'intensité... des images, la
nature, le nombre et la position des sources lumineuses. Ces expériences peuvent être
prolongées par une comparaison avec la lumière naturelle en extérieur.
Enfin, ces travaux pourront permettre d'enchaîner ensuite sur un travail plus
précisément dans le domaine de l'astronomie. L'école a pu contacter un astronome de
l'observatoire de Saint-Genis-Laval.
Au verso, une bibliographie est détaillée sur le thème de l'astronomie et de l'étude
des ombres et lumières.
Si vous souhaitez des détails sur les séances relatées dans ce numéro, les dossiers
les concernant sont disponibles à l'Inrp. Si la description de séquences de sciences
vous intéresse, il est important que les uns et les autres fassent part de ce qu'il se
passe dans les différentes classes afin que ce "Bulletin" puisse continuer
d'exister.
Veuillez adresser vos lettres à :
Guillemette Picard
(bureau 309)
29 rue d'Ulm
75230 Paris cedex 05
Prix
de "La main à la pâte" à l'Académie des sciences
Ces prix sont créés afin de saluer et de stimuler l'expérience "La main à la
pâte" destinée à développer l'enseignement des sciences de la nature dans les
écoles primaires
1. Trois prix de 10000 F seront attribués en 1997, à trois classes d'école primaire qui
se seront particulièrement distinguées dans la mise en uvre de "La main à la
pâte". Deux de ces trois prix sont réservés aux classes engagées dans
l'opération mise en place par la Direction des Écoles dans un des cinq départements
concernés.
Les enseignants fourniront au Jury, avant le 15 juillet 1997, tout document ou
réalisation qu'ils jugeront démonstratifs, démontrant la qualité de cette mise en
uvre.
2. Un prix de 15000 F sera attribué à une école primaire dans laquelle l'opération
"La main à la pâte" aura fait l'objet d'une réelle mise en uvre
collective dans au moins 30 % des classes de cette école.
Le Directeur et les enseignants concernés fourniront au jury, avant le 15 juillet 1997,
tout document ou réalisation qu'ils jugeront démonstratifs, démontrant la qualité de
cette mise en uvre.
3. Les dossiers devront être envoyés à : Madame Ajchenbaum-Boffety
Cellule de communication pédagogique,
Académie des sciences
23, quai de Conti,
75005 Paris
4. Le jury de ce prix sera composé de cinq membres de l'Académie des Sciences, un membre
du Groupe National d'Accompagnement, un Enseignant d'école primaire, un Conseiller
pédagogique, un Professeur d'IUFM.
Il sera présidé par Monsieur G. Charpak.
5. La remise du prix aura lieu à l'automne à l'Académie des sciences (Paris).
L'enseignant et les élèves de chacune des trois classes primées, ainsi que l'équipe
pédagogique de l'école primée, seront invités à la remise des prix. Les frais de
déplacement seront pris en charge pour moitié par l'Académie des sciences, l'autre
moitié étant à solliciter auprès des collectivités locales.
Nous attendons vos envois, à votre initiative, avant le 15 juillet 1997.
Quelques
docs...
Enthousiasmée par les succès de l'enseignement des sciences dans sa classe, Mireille
Hibon a écrit deux livres :
La physique est un jeu
d'enfant (éditions Armand Colin)
L'enfant et sa
planète (éditions Armand Colin)
Lorsque sa consultation est
possible, Internet peut aussi servir de ressource. Deux sites donnent la plupart des
adresses des écoles qui ont créé des serveurs et proposent d'autres liens vers des
extensions en sciences :
Dédale
Imaginet
Les sites réalisés en classe
présentent en général des descriptifs de la vie de l'école (journal, photos etc...) et
parfois le détail de séquences menées en classes. Par exemple, l'école de Piquecos à
Toulouse consacre un volet à un travail sur l'eau.
D'autres sites sont plutôt destinés aux enseignants qui pourront y trouver des
informations pour préparer leur cours :
Un site canadien qui propose des expériences très intéressantes notamment en
électricité.
Le site équivalent en chimie.
Mon adresse est aussi ouverte à toutes vos suggestions pour le Bulletin ou autres...
La Direction des écoles du ministère de l'Education nationale rassemble actuellement les
fiches élaborées dans les différentes circonscriptions concernées par
l'expérimentation "La main à la pâte". Ces fiches et leur devenir, ainsi que
l'analyse des fiches proposées par l'Inspection générale ("fiches
connaissances") seront soumises au Groupe National d'Accompagnement avant le mois de
Juin. Ce groupe, placé auprès de la Direction des écoles comprend notamment des membres
de l'Inspection générale, de l'Académie des sciences et des IUFM.
Dernières
nouvelles
L'ampleur et l'extension de l'expérimentation "La main à la pâte" au cours de
l'année 97/8 y seront également évoquées ainsi que le soutien à apporter aux
enseignants.
Le cahier
d'expériences
Un travail d'analyse et de recherche
portant sur le cahier d'expérience est entrepris par Anne Vérin à l'Institut national
de recherche pédagogique et fait actuellement l'objet d'un appel d'offre auprès des
académies et des IUFM.
Création d'un "Site
d'activités scientifiques " à Vaulx-en-Velin
Huit étudiants de l'INSA (Institut
national des sciences appliquées) de Lyon ont choisi pour leur projet de quatrième
année de réfléchir à la constitution d'un Site d'activités scientifiques sur la
commune de Vaulx-en-Velin. La soutenance du mémoire a été présentée sous forme de
procès : les étudiants de l'INSA étaient accusés d'avoir délaissé la noblesse de la
Science Théorique pour une science pratique. Pour étayer leur défense, ils avaient
transformé une des salles de leur école en salle de découvertes, proposant une
quinzaine d'expériences dont l'objectif était avant tout que le visiteur se pose des
questions et tente d'y répondre par lui-même. Les élèves d'une classe de CM2 de
Vaulx-en-Velin avaient été invités à mettre en pratique le slogan de la salle :
il est interdit de ne pas toucher. L'exposé a dû être convaincant...
Grâce à divers soutiens, dont celui de l'association ADEMIR, la réalisation pratique de
cette étude sera possible. Une salle de découvertes sera ouverte à Vaulx-en-Velin. Les
expériences, a priori destinées aux élèves de l'école primaire, pourront bien sûr
intéresser un public beaucoup plus large. Dans un prochain numéro, une fois la salle
ouverte, le "Bulletin de liaison" pourra proposer un descriptif de ces
expériences.
Les parents et "La main à
la pâte" :
Ce point est si important que nous
proposons d'en faire une rubrique dans le prochain numéro. Nous avons donc besoin de
savoir si vous avez réalisé une information en direction des familles, si elles ont
été impliquées dans le projet...ou simplement si vous avez pu intéresser les parents
à cette expérimentation comme vous le souhaitiez.
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