Les
messages nerveux dans le cerveau
14/12/1999 Question de Philippe Thullier, école de la
Salentine (44) ecole-la-salentine@wanadoo.fr
,
Comment expliquer les transmissions et les décodages des messages nerveux par le cerveau
? ( dans le cadre d'une leçon sur les 5 sens )
20/12/1999 Réponse de Béatrice
Salviat
Votre question concernant le rôle du cerveau dans l'intégration des messages provenant
des récepteurs sensoriels n'est pas simple à résoudre.
Au cycle 3, il est beaucoup trop tôt pour expliquer des mécanismes faisant intervenir la
nature complexe des messages nerveux et le fonctionnement synaptique. On peut cependant
comprendre que les informations provenant de l'environnement (son, lumière...) n'arrivent
pas directement au cerveau, que les organes des sens transforment ces informations en
signaux de nature électrique qui sont propagés jusqu'aux centres nerveux.
C'est à partir de multiples informations que le cerveau construit une représentation du
monde.
Il nous semble qu'il n'est pas nécessaire d'aller plus loin avec les élèves. Même si
on n'entre pas dans le détail des mécanismes de cette représentation cérébrale, il
est cependant important de faire prendre conscience aux élèves de son existence.
Après avoir consulté une équipe de spécialistes (Bernard Calvino, Professeur de
neurophysiologie à l'Université de Créteil et Jean-Claude Hervé, Inspecteur
Pédagogique Régional à Versailles), l'équipe "La main à la pâte" vous
suggère les activités suivantes :
Activités : Travail à partir d'illusions d'optiques : on reconstruit la
perspective, le dessus et le dessous, les objets en trois dimensions... Les pièges
visuels (Escher) permettent de mettre en évidence l'existence de cette reconstruction
cérébrale. Si vous avez l'occasion de visiter le Futuroscope de Poitiers, ou
l'Exploradôme de Paris, ce travail sur les illusions d'optique avec les élèves pourrait
être enrichi (vous pouvez aussi utiliser des autostéréogrammes: clichés en deux
dimensions qui donnent une impression de relief quand on les regarde d'une certaine
façon, travailler sur des jeux vidéos en 3D...).
Il est possible également de travailler sur le goût dans le même esprit. Les
restaurateurs savent que l'ambiance colorée de la salle influence le goût des convives.
On peut faire des tests avec les élèves et constater que la perception dépend de
multiples facteurs.
Niveau de formulation pour l'enseignant:
Comment distinguer sensation et perception?
La perception se construit en intégrant des sensations qui viennent interférer avec
l'apprentissage, la mémoire individuelle.
Lors de la perception visuelle des objets, un système de localisation et un système
d'identification cérébraux communiquent entre eux. La multiplicité des messages
envoyés par les récepteurs trouve une représentation dans des aires cérébrales
nombreuses et diversifiées. Cette organisation cérébrale est génétiquement
prédéterminée, mais l'organisation fine est modulée par les afférences du milieu
intérieur et extérieur. Le cerveau reconstruit la perception par rapport à une mémoire
épigénétique.
Niveau de formulation pour les élèves:
Les organes des sens (il, nez, oreille...) captent des informations (lumière,
odeur, son...) dans le milieu qui nous entoure. Ces informations ne parviennent pas
directement au cerveau. Elles sont codées par des signaux de nature électrique propagés
jusqu'au cerveau. Le cerveau reçoit de nombreux signaux électriques qui viennent des
organes des sens. A partir de ces signaux, il fabrique une représentation du monde.
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Comment faire
émerger les conceptions initiales relatives au goût ?
04/01/2000 Question de Martine Rousset, enseignante de
cycle 2 à lécole Jean Macé dEvreux,MartineROUSSET@wanadoo.fr
Quels moyens (questionnaires oraux ou tests expérimentaux)mettre en uvre avec des
enfants de fin de cycle II pour faire émerger les conceptions initiales relatives au
goût?
Des expériences me paraissent prématurées car elles induisent une démarche et des
réponses.
A quoi te fait
penser le mot "goût"?
Comment peux-tu
savoir que ce que tu manges ou goûtes est différent?
Connais-tu
différents goûts et lesquels?"
Ces questions permettent-elles de recueillir un champ assez large et assez précis de
leurs représentations initiales?
18/01/2000 Réponse de Béatrice
Salviat
Jean-Marc Lange, PIUFM à Rouen, répond à votre question. Il vous conseille de
recueillir les conceptions des enfants au cours d'une situation-problème. Comment faire?
En leur proposant d'identifier à l'aveugle divers produits alimentaires qu'ils goûtent,
en leur demandant de décrire ce qu'ils ressentent, on peut aider les enfants à
construire des références communes, un rapport au monde partagé (au cours de débats,
choix argumenté d'un vocabulaire commun pour désigner différentes saveurs: salé,
sucré, amer, acide...). Finalement, il s'agit de comprendre que la perception gustative
résulte d'une intégration qui tient compte des autres sens (importance des colorants
dans l'alimentation, de l'odeur...), de la mémoire individuelle (berk, je n'aime pas cet
aliment, car j'ai vomi la dernière fois que j'en ai mangé!), de l'environnement culturel
et familial (mon grand frère en mange, alors moi aussi, j'aime ça!) et pas seulement des
récepteurs situés sur la langue. N'oublions pas le rôle crucial joué par le cerveau
dans tout cela!
Des études récentes (citées dans Pour la science, janvier 1999, http://www.pourlascience.com/numeros/pls-255/sommaire.htm
) montrent que les récepteurs au sucré, amer... ,
traditionnellement représentés sur la langue dans les livres de vulgarisation ne
suffisent pas à tout expliquer (cela serait même faux d'un point de vue scientifique, en
tout cas très incomplet). Il existe des substances, comme la réglisse, dont il est bien
difficile de décrire la saveur à l'aide des seuls descripteurs proposés.
Pour obtenir des témoignages plus précis d'autres enseignants, avec éventuellement des
propositions de séquences de classes, n'hésitez pas à intervenir sur la liste de
diffusion. Voici l'adresse pour vous abonner au cas où vous ne le seriez pas déjà. http://www.inrp.fr/lamap/echanges/liste/accueil.html
18/01/2000 Réponse de Jean-Marc
Lange
"Le problème du goût peut être abordé successivement :
vis à vis de sa
situation globale par rapport aux autres sens,
vis à vis de sa
diversité ( les sensations de bases )
vis à vis de la
répartition des récepteurs sur la langue (cartographie)
et de sa
variabilité inter-individuelle.
Les conceptions initiales pourraient concerner l'une de ces sous-questions ou au contraire
l'ensemble. Il me semble que les questions proposées sont à la fois trop vagues et trop
inductrices. Seule une situation problème à caractère empirique permettrait de
recueillir dans l'action les conceptions initiales relatives à ce sujet."
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Comment faire progresser les élèves de cycle 1 à partir des
constatations qu'ils ont faites sur la transpiration?
21/01/2000 Question de Catherine
Koupper, enseignante de cycle 1 à lécole des Acacias dans le
département 92, ACACIAS.MATER.VILLE.ISSY@wanadoo.fr
Comment aider mes élèves de petite section à progresser dans leurs connaissances à
partir des constatations qu'ils ont faites sur la transpiration ?
Après la fête, les élèves ont dicté ce texte : "On a dansé, on a fait le petit
train, on est tombés, j'avais chaud. C'est quand on a sa cagoule, quand on danse dans la
fête, quand on a fait la ronde. Nous transpirons quand nous courons, dans son lit, parce
qu'on met la couverture.Quand on joue.Quand on a son chapeau. Après une autre fête, les
enfants étaient en nage, ils ont reconnu la transpiration et observé : Quand on
transpire, on enlève son pull. La tête de Jules est chaude. C'est mouillé, c'est chaud.
On a aussi le ventre, le dos, les mains, chauds et mouillés. Qu'est-ce que c'est ? Du
chaud ! De l'eau ! Quand on enlève le pull c'est mieux. On a besoin de transpirer quand
on danse. Maman va laver mes cheveux après, ils sont très sales. Julie a les joues
rouges parce qu'elle a transpiré. On a besoin d'un petit peu d'air quand on transpire, et
aussi de boire. On boit de l'eau, après ça devient du sang tout rouge dans le corps, le
sang c'est de l'eau toute rouge. Après que j'ai enlevé mon pull, j'ai moins
transpiré".
24/01/2000 Réponse de Daniel
Motta, chercheur en didactique de l'éducation physique et sportive à l'INRP.
Il me semble que beaucoup a déjà été fait, pour la petite section, avec les constats
des enfants. La suite devrait consister à:
1) diversifier, affiner les observations:
- pour différencier la sueur de l'eau et du sang: on peut voir d'où elle sort, la
goûter, la sentir et suggérer qu'elle contient des choses dont le corps doit se
débarrasser (élimination) et qu'il faut laver, même si elle sèche et qu'on ne voit
plus rien. Mentionner la parenté avec l'urine serait prématuré.
- on peut montrer qu'elle est produite même au repos en s'entourant le bras ou le buste
d'un film plastique qui l'emprisonne, ou en regardant la sueur déposée sur un siège en
plastique par des cuisses nues. On peut la sentir aussi dans les plis de l'aisselle et de
l'aine. Mais il me semble délicat d'évoquer son rôle dans la thermorégulation (le
contrôle de la température du corps) au repos.
- on peut essayer de nommer aussi précisément que possible les sensations
d'échauffement internes, et pas seulement externes. Au repos, allongé sur le dos sur un
tapis de gym, on peut, quand on est bien calme, fixer son attention successivement sur
différentes parties du corps et sentir si certaines sont plus chaudes ou plus froides.
Dans certaines conditions (si on a couru avant, par exemple) on pourra aussi voir les
traces de sueur sur le tapis, sous les parties de notre corps qui n'étaient pas
habillées.
2) répéter les observations déjà faites en faisant apparaître la coïncidence de la
sueur avec les facteurs de variation de la température corporelle qu'on fait jouer,
autant que possible, un par un: la température ambiante, les vêtements et couvertures,
l'activité physique (et même l'épaisseur des graisses sous-cutanées qui agissent comme
un isolant; mais c'est à évoquer avec tact pour ne pas favoriser la stigmatisation des
"gros-ses").
3) réhabiliter esthétiquement la sueur que les adultes (et la publicité) ont tendance
à dénigrer, en particulier pour les filles et les femmes: la sueur, c'est bien et ça
fait du bien, et il faut boire beaucoup d'eau quand on court et qu'on danse, surtout en
été, même s'il faut laver tous les jours ce que la sueur laisse sur notre peau. C'est
le lieu d'encourager l'activité physique des enfants déjà en surpoids qui risquent, en
grandissant, de s'enfermer dans le rôle de celui ou celle que l'exercice "fait
suer", à tous les sens de l'expression.
PS: savez-vous qu'à l'âge de la crèche les enfants "reconnaissent" l'odeur de
leur mère sur un tee-shirt qu'elle a porté plusieurs heures et qu'il a un effet apaisant
? Je ne sais pas si ça persiste en maternelle, mais je n'en serais pas étonné.
Cordialement.
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Expliquer
les courbatures en cycle 3
09/02/2000 Question de Philippe Vanroose, formateur, philippe.vanroose@wanadoo.fr
Comment expliquer le phénomène des courbatures à des élèves de cycle 3?
Une question dont la réponse me paraît évidente ( faire trimballer deux fois leur
poids aux élèves sous un soleil de plomb, ils pourront ainsi également explorer la
déshydratation, l'hypoglycémie, la transpiration, l'insolation, les coups de soleil, les
hallucinations...) mais je préfère que les consultants donnent leur avis. David
Jasmin.
06/03/2000 Réponse de Roland
Flageul
Si l'on doit distinguer de la fatigue musculaire
normale de la courbature (phénomène douloureux consécutif à une activité musculaire
inhabituelle par son niveau élevé et sa durée excessive comme le souligne si justement
David), je suis bien en peine pour trouver un modèle explicatif analogique pour des
élèves de cycle 3 (les réactions douloureuses me semblant spécifiques au monde
animal). Ressorts, élastiques sont des modèles inappropriés car il n'y a pas de retour
à l'état initial lorsque l'on dépasse les capacités d'élasticité. Peut-être qu'un
système de moteur (protégé) entraînant une vis sans fin qui accumulerait le produit
transporté à son extrémité pourrait-il convenir? Mais il faudrait bien envisager les
limites de l'emploi d'un tel modèle.
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Reproduction humaine en cycle 3
08/02/2000 Question de Sylviane Greffion, cycle 3,
Cour-Cheverny
Quelle(s) question(s) poser, quel dessin demander
pour faire émerger les représentations initiales des élèves de CM2 sur le thème de la
reproduction humaine ? Quels sont les concepts liés à ce thème qui peuvent être
abordés en CM2? Quel niveau de formulation des différents concepts peut-on employer en
CM2? Quelles sources documentaires (vidéo, diapos livres) pour les élèves et pour le
maître ?
14/03/2000 Réponse de Isabel
Lavarec
Bonjour, C'est avec un peu de retard que je réponds
à la question posée. Nous avons réfléchi avec les PE2 . Ils ont été unanimes pour
dire qu'il fallait partir des représentations des enfants et intéressant de travailler
avec un projet comme " fabriquons le livre de la formation d'un bébé ".
Voici le résultat de nos cogitations :
* Définir ensemble les modalités du projet ( titre, format du livre, matériaux,
planning ...... ) et pour répondre à la question des contenus il faudra répondre à la
question "comment se fait un bébé ?"
Il y a plusieurs façons d'entrée dans la recherche des représentations des élèves.
1 - Raconte ton histoire avant de naître. Tu peux faire des dessins.
2 - Photos : future maman, cartes avec bébé dans un chou ( et) ou avec une cigogne ( et
) ou bébé sortant d'un oeuf.
Explique comment se fait un bébé.
3 - dessin animé "Kirikou la sorcière " ( canal plus) Visionner le début et
donner un questionnaire ayant pour objectif de séparer la réalité de la fiction.
Si le livre n'est pas d'actualité il y a d'autres possibilités pour aborder ce sujet.
Cela pourrait déboucher sur une exposition etc.....
4 - En relation avec la géographie ou l'éducation civique, partir de la politique de
natalité dans différents pays puis poser la question : Comment se fait un bébé ?
3 - Partir de la fécondation animale et demander comment cela se passe chez les êtres
humains.
4 - Après une séance sur la maltraitance etc.....
* B. Faire avec et contre ses conceptions pour les modifier. ( voir GIORDAN )
* C. Films : " la naissance de la vie " collection l'univers intérieur.
" 60 milliards de cellules " 15min
* D Bibliographie
- didactique des sciences : je conseille les livres de A. Giordan
- manuels scolaires : - Bordas collection Tavernier cycle 3 et le corps de l'enfant.
- Nathan " la découverte du monde vivant en milieu tropical " cycle 2 et cycle
3 ( Gobern et Lavarec) - il y a de belles photos dans les livres de 1° et terminales S (
ou ceux de D)
- Des albums, des journaux,
- Des mannequins avec des bébés de tailles différentes sont vendus chez Jeulin ou
d'autres concessionnaires.
- Les centres de planning F. prêtent souvent du matériel. Au plaisir de vous lire.
Cordialement.
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