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Le M.A.P Monde n°3


   La main à la pâte :

Le MAP Monde

Document "La main à la pâte"  
Bahareh Nedjat-Bakhsh   map@inrp.fr
INRP 29 rue d'Ulm, 75005 Paris Paris
Publication : janvier 1998 Mise en ligne : avril 1998

Sommaire :

Édito
Le bilan de "La main à la pâte" en 97
Les Prix "La main à la pâte"
Trois nouvelles polytechniciennes à la "Main à la Pâte"
Quelques nouvelles de Lyon...
Pendant ce temps à Nantes....
Ca y est le site Internet de la "Main à la Pâte" va ouvrir!!!
Pour nous joindre

Édito
Ça y est ! Le Bulletin de Liaison revient enfin, après plusieurs mois d’absence. Les vacances scolaires et la mise à disposition d’une nouvelle rédactrice a pris du temps, mais désormais tout le dispositif est en place pour que votre bulletin préféré puisse être édité de façon régulière et aussi riche de contenu que possible… D’ailleurs ceci est une bonne occasion pour vous rappeler que ce bulletin est fait pour vous, mais aussi par vous ! Nous serons heureux d’y publier vos témoignages, les expériences que vous voudrez bien partager avec vos collègues…bref toutes les suggestions que vous aurez sur ce Bulletin seront les bien venues ! Il suffit de les envoyer à :

INRP (bureau 213)
29 rue d’Ulm
75230 Paris Cedex 05

Soyez donc nombreux à contribuer à cet outil qui a pour but de faciliter et favoriser la communication entre les acteurs que vous êtes, de la formidable aventure des sciences à l’école primaire.


Le bilan de la main à la pâte en 1997
La fin de la première année de la Main à la Pâte a donné lieu à la publication d’un bilan par Stéphanie BOURDEAUX et Claudine LARCHER de l’Institut National de Recherche Pédagogique. Voici l’essentiel de ce document :

En 1996-1997, 344 classes ont participé à l’opération " La Main à la Pâte ". Elles étaient réparties dans les cinq départements suivants : Yvelines, Rhône, Meurthe et Moselle, Loir et Cher et Loire Atlantique. Afin de pouvoir effectuer un bilan de cette année, un questionnaire a été envoyé à chaque enseignant concerné. Les réponses reçues (141 sur 344) ont permis de tirer les conclusions suivantes concernant les classes participant à l’opération :

les activités scientifiques sont pratiquées de façon plus régulière,
des activités du type expérimental ou de manipulation sont en nette progression,
le travail en groupe, avec élaboration d’une conclusion collective a été valorisé auprès des élèves,
les traces écrites dictées sont en nette régression au profit de traces personnelles et de traces élaborées par le groupe.

Le questionnaire a également mis en évidence un certain nombre de difficultés rencontrées par les enseignants. Si des difficultés spécifiques au contenu scientifique sont rencontrées lors de la préparation des séances, les difficultés repérées en classe sont liées à la mise en activité des élèves. Cependant la gestion du cahier d’expérience qui recueille les traces écrites, "  personnelles " ou collectives, concernant les manipulations faites en classe par les élèves pose quelques problèmes.

Cette enquête a également permis aux enseignants de s’exprimer sur l’aide souhaitée pour l’avenir :

Si le travail de groupe a été développé chez les élèves, il apparaît clairement que chez les enseignants eux-mêmes, le dialogue avec les collègues est à la fois affirmé et souhaité pour l’avenir.
L’aide par des personnes-ressources est fortement demandée : cela marque le besoin en une aide personnalisée.

Les enseignants ont été aidés par les conseillers pédagogiques, les formateurs d’IUFM, les IEN, les IMF. De plus trois départements sur cinq ont bénéficié de l’intervention d’étudiants scientifiques : ainsi trois polytechniciens ont été mis à disposition de la " Main à la Pâte " dans le Rhône, dans les Yvelines, et en Loire Atlantique. D’autres Grandes Écoles participent également à l’opération de façon très marquée : ainsi par exemple, les étudiants des Mines de Nantes ou les Centraliens de Lyon s’investissent volontiers dans l’apport d’une aide de terrain.

Le bilan de l’année passée est donc plutôt positif. La connaissance des difficultés des enseignants et de leurs souhaits pour le futur permettra aux organisateurs de l’opération de mieux répondre aux attentes des enseignants au cours des années qui viennent. La multiplicité des aides demandées ( formateurs, scientifiques...), pas forcément corrélées aux besoins annoncés ou aux difficultés rencontrées, peut être interprétée comme un besoin d’encadrement collectif et suivi, pour les accompagner dans cette aventure.


Les prix "La main à la pâte"
Le prix " la Main à la Pâte " a été créé en 1997 pour récompenser les écoles qui ont su se distinguer par leur originalité dans la mise en œuvre d’activités scientifiques. Le jury chargé de décerner ce prix était présidé par Monsieur Georges Charpak, Prix Nobel de Physique 1992, et composé de 5 membres de l’Académie des Sciences, un membre du groupe national d’accompagnement, un enseignant d’école et un professeur d’IUFM.

Quatre prix de 6000 francs ont été attribués aux écoles suivantes :

Les écoles de Terville,
École Jean Vilar à Vaulx en Velin,
École annexe de Saint-Germain-en Laye,
École Paul Bert de Sartrouville.

Sept prix de 3000 francs ont été attribués aux écoles suivantes :

École Paluns d’Aramon,
École d’Areines,
École Romain Rolland de Bergerac,
École de Blois,
École Saint-Laurent à Plérin,
École de Stotzheim,
École de Teillé.

C’est le 5 novembre dernier que les lauréats, enfants et enseignants, sont venus, à l’Académie des Sciences, recevoir leur prix des mains de Madame la Ministre Ségolène Royal.

Cette année encore, le prix "la Main à la Pâte " récompensera la mise en œuvre de projets scientifiques originaux : une dizaine de prix, allant de 3000 à 6000 francs, vont être attribués aux classes les plus méritantes ou plus particulièrement aux écoles dans lesquelles le projet scientifique aura fait l’objet d’une réelle mise en œuvre collective, impliquant la participation d’au moins 30% des classes de cette école. Bien sûr, ce prix concernera, comme l’année dernière, aussi bien les classes participant à l’opération "la Main à la Pâte " que celles qui n’y participent pas, sachant également qu’aucune distinction ne sera faite sur leur caractère public ou privé.

Tous les dossiers devront parvenir, avant le 15 juillet 1998, à :

* Madame Ajchenbaum-Boffety,
Cellule de communication pédagogique,
Académie des sciences
23, quai de Conti, 75005 Paris

La remise du prix aura lieu à l’automne, à l’Académie des sciences. Y seront conviés les enseignants et les élèves et l’équipe pédagogique des écoles primées. Nous espérons donc que vous serez nombreux encore cette année, à rivaliser d’originalité et d’enthousiasme, pour continuer à donner un nouveau souffle de vie, un dynamisme certain, à l’enseignement des sciences à l’école élémentaire et maternelle.


Trois nouvelles polytechniciennes à la main à la pâte
Cette année encore trois élèves de l’école Polytechnique de première année, effectuant "un service civil ", ont été mises à disposition de "la Main à la Pâte " par l’École :

Sylvie Champion, à l’École des Mines de Nantes. Elle travaille avec les enseignants, à leur demande, à la préparation de cours, au choix des expériences et à la recherche de matériel. Ainsi sont constitués des "kits " sur certaines notions du programme.

Isabel Berthon, basée à l’IUFM de Lyon. Elle travaille à la construction d’un réseau Internet local, qui facilitera la communication (et donc favorisera le travail en commun) entre les enseignants de l’Académie de Lyon. Elle intervient également dans les classes dans la circonscription de Vaulx en Velin, à la demande des enseignants.

Bahareh Nedjat-Bakhsh, à l’INRP à Paris. Elle est chargée de la rédaction du présent "Bulletin de Liaison ". Elle participe, parallèlement, à l’élaboration d’un site Internet sur "la Main à la Pâte ", en réalisant des reportages et en collectant des témoignages sur les expériences originales des enseignants impliqués dans le développement de l’enseignement des sciences en primaire et maternelle. Sa mission consiste également, dans les classes des Yvelines, à répondre aux problèmes éventuels qu’auraient les enseignants sur le plan scientifique.

Ces trois polytechniciennes devront aussi faire un travail d’observation dans les différentes classes qui auront bien voulu les recevoir, afin de pouvoir exploiter ces données pour une réflexion sur la question :

Existe-t-il dans la mise en œuvre de La Main à la Pâte un caractère spécifique et particulièrement décisif en vue de l’intégration des enfants issus de milieux défavorisés ?

Néanmoins, leur mission première reste le soutien aux professeurs d’école, que ce soit pour organiser des activités scientifiques en classe ou pour apporter des compléments sur les contenus scientifiques. Toutes les trois sont disponibles pour rencontrer tout enseignant investi dans le projet, et qui souhaiterait par exemple organiser des rencontres entre enseignants et scientifiques du département. Elles espèrent donc que vous serez nombreux à les solliciter dans leur département respectif.


Quelques nouvelles de Lyon

"  Un ballon pour l’école "

Tel est le nom du projet conçu par une classe de CM2 de l’école des Fougères à La Duchère. L’idée est de fabriquer un ballon gonflé à l’hélium emportant dans sa nacelle des appareils permettant d’effectuer des mesures à différentes altitudes, et de l’envoyer à 20 km d’altitude. La classe voudrait en particulier mesurer la pression atmosphérique, la température, le taux d’humidité et éventuellement prendre des photos. Le ballon sera muni d’un réflecteur radar pour être repéré par les avions et d’un parachute permettant de ralentir la chute de la nacelle pour pouvoir la récupérer (la nacelle portera le nom et l’adresse de l’école).

Ce projet demande aux enfants un travail en groupes qui relève de domaines divers : il leur faut réfléchir à ce qu’ils veulent mesurer et aux moyens d’effectuer ces mesures, étudier le terrain d’où va être envoyé le ballon, écrire des lettres " officielles "pour présenter le projet et pour chercher des sponsors, préparer les appareils de mesure, et bien sûr fabriquer la nacelle. Le ballon, le réflecteur radar et le parachute sont fournis par le CNES. En particulier, les élèves se sont livrés à un important travail sur l’hygrométrie. Les élèves sont encadrés par leur instituteur, M.Mary, et par deux appelés du contingent en service civil.

Si vous avez des idées à leur proposer ou des questions à leur poser, vous pouvez contacter M. Mary, directeur de l’école des Fougères au : 04.78.35.90.21

I.Berthon


Pendant ce temps à Nantes

Une séance de classe "

Je suis actuellement une classe de CE1 de l'école St Joseph à Sucé sur Erdre, avec Ludovic Klein, assistant de recherche à l’École des Mines de Nantes, et Mme Hamy, institutrice détachée à la DDEC. Nous travaillons sur le thème de la météorologie. Après un questionnement préliminaire pour connaître les acquis des élèves, nous leur avons annoncé que nous allions construire une station météo dans l'école. Une séance a été consacrée à l'étude du thermomètre, et une autre à sa fabrication. Il est convenu avec les élèves que l'on utilisera des petits pots d’aliment pour bébé (avec leur couvercle), qui feront office de réservoir de liquide, de l'eau à la place de l'alcool, et des pailles dans lesquelles l’eau pourra monter comme dans la tige d’un thermomètre. Munis de tout ce matériel, les enfants peuvent commencer la séance.

Les élèves devaient réfléchir, avant cette séance de fabrication, à la façon d'assurer l'étanchéité au niveau paille-couvercle. Ils proposent de la pâte à modeler en majorité, mais aussi du film plastique ou un gros élastique (non testé).

Un élève rappelle qu'il faut mettre de l'eau dans le pot, que l'eau va monter dans la paille s'il fait chaud ; le terme 'dilater' utilisé lors des séances précédentes est réemployé par de nombreux élèves. Il faut donc de l'eau chaude pour tester si les thermomètres fonctionnent ou pas.

Ils doivent alors écrire ou dessiner sur une feuille, qu'ils dateront, comment ils vont construire le thermomètre. Deux élèves vont au tableau dessiner leur schéma : on s'entend sur le fait qu'il faut que l'eau monte jusqu'en haut à l'intérieur du pot, que la paille ne doit pas toucher le fond du pot et que les graduations seront inscrites sur une feuille que l'on collera sur la paille.

Ensuite ils fabriquent leur thermomètre. Le trou dans le couvercle est percé à l'aide d'une pointe et d'un marteau. Les élèves remplissent leur pot d'eau tiède qui est colorée à l'aide d'une cartouche à encre bleue pour mieux visualiser le phénomène. Mais, l'eau se décolore rapidement et on décide d'utiliser de la peinture. Ils placent la pâte à modeler autour de la paille et se rendent vite compte qu'il y a des fuites, on utilise donc de la colle.

Dans de grands saladiers remplis d'eau chaude, ils placent alors leur thermomètre et attendent de voir monter l'eau.

Une fois l'expérience terminée, on leur demande si elle a été concluante. Souvent cela n'a pas marché tout de suite à cause des fuites au niveau de la paille ou du couvercle, parfois ils n'avaient pas mis assez d'eau. Tout de même, ils ont été nombreux à constater que l'eau montait dans la paille quand ils plaçaient leur thermomètre dans l'eau chaude. Un élève a même placé son thermomètre dans l'eau froide et a vu l'eau descendre dans la paille.

Cette séance a permis aux élèves, il me semble, de se rendre compte des problèmes techniques et de mieux s'approprier la notion de dilatation d'un liquide.

S.Champion


Ca y est, le site Internet de la Main à la pâte va ouvrir!!!
Toujours dans le but d’apporter un soutien aux professeurs d’école, investis dans le développement de l’enseignement des sciences à l’école élémentaire et en maternelle, un site Internet " La Main à la Pâte " va être ouvert dès le 6 février. Une équipe jeune et dynamique, de scientifiques, didacticiens, a été recrutée pour l’animer ; elle répondra aux problèmes que se posent les enseignants. Le site offre des contenus scientifiques mais aussi des reportages et témoignages collectés sur le terrain.

Ce site se veut avant tout un espace d’échange entre enseignants, formateurs, scientifiques, didacticiens. Chaque enseignant pourra proposer, consulter, discuter des fiches d’activité de classe. Les animateurs du site sont à leur disposition pour aider à l’élaboration de fiches, à leur mise en œuvre en classe, pour donner des idées d’activités. Des consultants scientifiques, chercheurs et didacticiens seront ravis d’éclairer les intéressés sur les questions "pointues " que l’on aura bien voulu leur poser. C’est avant tout une aide personnalisée que l’on veut mettre à votre disposition.

Bref… ce site, dont on ne pourra énumérer toutes les rubriques de façon exhaustive sans avoir le vertige, se construit dans le seul but d’accompagner l’enseignant dans son lourd travail, pour l’aider à s’épanouir dans l’enseignement des sciences, et pour le rapprocher de ses collègues, afin que cette grande aventure devienne une expérience collective et non pas simplement un "patchwork " d’éléments isolés. C’est pourquoi on a besoin de vous tous ! Soyez donc nombreux à nous rejoindre, dès l’ouverture du site, à l’adresse  suivante http://www.inrp.fr/lamap


Pour nous joindre

S.Champion
* La Chantrerie
École des Mines de Nantes
4, rue A. Kastler
44307 Nantes cedex 03
(  : 02.51.85.83.14
-  : sylvie.champion@emn.fr

I. Berthon
* Centre local de l’IUFM de Lyon
Secrétariat des coordonnateurs
80, bd de la Croix Rousse
69317 Lyon cedex 04
(  : 04.72.07.33.14
-  : berthon@lyon.iufm.fr

B. Nedjat-Bakhsh
* INRP (bureau 213)
29, rue d’Ulm
75230 Paris cedex 05
(  : 01.46.34.91.37
-  : nedjat@inrp.fr


 

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