| Comment
construire chez l'élève la notion de liquides 04/12/1999 Question de Catherine
Jullien, enseignante de cycle 1 à Saint-Ouen (41) catmatphi@aol.com
A l'occasion des goûters du matin, les enfants ont entendu plusieurs fois le mot liquide.
Nous avons parfois du lait comme boisson ou de l'eau.
Nous nous sommes amusés a fabriquer notre boisson avec différents sirops. Enfin, le bac
à eau ( tout juste livré) est entré dans notre classe. Chaque groupe d'enfants a
bénéficié d'un temps de liberté, de manipulations libres avec à sa disposition des
louches, des récipients, des entonnoirs.
J'ai pensé que la notion de liquidité pour erre construite par l'enfant pouvait
bénéficiée de la confrontation avec ce qui n'est pas liquide dans l'environnement
proche de l'enfant. (liquide / non liquide pas d'introduction d'un autre concept, je ne
parle pas du tout de solide!)
Dans la cour de recréation, se trouve un bac à sable que les enfants fréquentent avec
assiduité quand il fait beau.
Pendant la recréation, j'ai donc interrogé les enfants individuellement pendant qu'ils
jouaient.
La question posée était la suivante:
" Est-ce que tu crois que le sable est liquide"
J'ai introduit le verbe croire dans la question parce que je pense qu'il touche l'enfant
davantage qu'une question neutre : est-ce que...
J'ai noté les réponses des enfants. Puis nous sommes rentrés en classe et avons discute
en grand groupe.
Une discussion a eu lieu entre autres sur le sable sec (le doudou!) et le sable mouillé.
Le doudou étant considéré comme liquide par certains et pas liquide par d'autres. Le
sable mouillé nous a conduit au bord de la mer.
L'eau salée de la mer a été évoquée par l'enfant qui a affirme:
"L'eau salée n'est pas liquide parce qu'elle est salée."
Au niveau de la "logique" enfantine
pensez vous que cette affirmation peut avoir comme origine une mauvaise habitude dans
notre pratique de parler trop souvent en terme de x est y(liquide)
x ce dont je parle
y propriété attribuée au réfèrent.
Si x est y alors x n'est pas z(salée).
Peut-être oublie-t-on souvent en maternelle,
dans notre langage courant d'attribuer deux propriétés (ou plusieurs)de façon
simultanée a un même objet (travail a effectuer: donner plusieurs déterminations a un
objet ex: objet carré , rouge ;propriétés qui ne s'excluent pas.)?
Ou pensez-vous que la présence du sel, représente sous forme de grains dans l'esprit de
l'enfant, lempêche de concevoir l'aspect liquide de l'eau parce qu'il n'a pas
conscience du phénomène de dissolution? Ce qui nous permettrait de nombreuses
expériences concrètes en classe.
Voilà ou nous en sommes !
Maintenant il nous reste a couler de la cire chaude et liquide dans le sable ( moule
empreinte en creux ) pour fabriquer notre bougie pour Noël. Cela devient urgent! et je
noterai les réflexions des enfants .
La bougie réalisée flottera ,(je l'espère, oh!? il y aurait-il là un problème de
flottaison! ?ce sera pour l'an 2000!),le soir de Noël dans un pot de confiture décoré.
12/12/1999 Réponse dElisabeth
Plé :
A travers votre question, vous posez un problème très intéressant :
quévoque pour ces enfants le mot liquide ? Peut-on construire chez des enfants
de cet âge " la classe des liquides ". Si oui, comment et à quelle
formulation peut-on arriver ?
En revanche je ne suis pas sûre dêtre capable dinterpréter la réponse de
lenfant qui dit " Leau de mer nest pas liquide parce
quelle est salée"
Quelques remarques :
Il y a une différence notable pour des enfants de cet
âge entre " les liquides " (leau, le lait, le jus
dorange), mots prononcés dans un contexte précis de vie quotidienne et
" cest liquide ". " Les liquides " sont
alors un terme générique qui désigne les boissons, alors que lexpression
cest liquide définit létat de la substance.
Vous êtes bien consciente de cette différence, puisque
vous dites que vous envisagez de construire cette " notion de
liquidité ". Effectivement, il y aurait un mot à inventer (pas pour les
enfants, mais pour les enseignants qui sintéressent à ce problème en
maternelle) : ce nest pas la construction de la notion de substance à
létat liquide qui est en jeu, cest bien définir les caractéristiques des
liquides par comparaison avec les solides. Le terme " liquidité " me
gêne un peu car il est habituellement usité pour définir la fluidité du liquide.
Vous situez dailleurs bien le problème : il ne
sagit pas, à ce moment là tout du moins, de travailler le changement détat,
mais bien, comme vous le dites fort justement, de définir les liquides par comparaison
avec ce qui nest pas liquide. Ces enfants devraient donc être capables de dire
à terme que cest liquide, quand ça coule en tombant, ça sétale sur le sol,
ça ne fait pas de tas. Cest effectivement ce que lon peut viser ici.
Dans cette perspective, on voit bien pourquoi vous
demandez aux enfants si le sable est liquide. Cependant, plusieurs éléments me font dire
que lorsque lenfant prononce la fameuse phrase, la représentation du liquide
précédemment citée nest pas construite. Pour eux, le liquide ça mouille, donc
quelque chose de mouillé est peut être liquide
. Ainsi le sable mouillé a plus de
chance dêtre liquide que le sable sec.
Alors, peut être faudrait-il, avant de fabriquer la
bougie, poursuivre la comparaison pour affiner cette construction ? Ou bien, le fait
de fabriquer la bougie avec la cire chaude va t-il aider à parfaire cette
connaissance ? Dans ce cas, les enfants disent souvent que la bougie " fait
de leau ". Puis, lorsquils constatent que " cette
eau " devient blanche, ils disent que cest de " leau de
bougie ". Leau, prototype du liquide désigne donc pour certains
létat liquide.
Comment interpréter cette phrase ? Je ne
sais pas trop
Elle a lair dêtre prononcée par un enfant isolé. Peut
être cet enfant a t-il une certaine familiarité avec la mer. Et si pour lui, le mot
liquide est associé à leau, cest à dire de leau pure (au sens de tous
les jours bien sûr), cette eau ( qui il le sait na rien à voir avec leau
habituelle, puisquelle est salée) nest donc pas liquide
.
En tous cas ne craignez rien avec les bougies, elles doivent flotter ! Et si vous
aviez un problème avec la flottaison nous avons fait une BTj (N° 322), sous la forme de
reportage de classe pour comprendre " pourquoi ça flotte
ou
coule ? " (elle paraît plutôt destinée au cycle 2, mais jai testé
ce sujet plusieurs fois dans des classes maternelles)
En attendant, bonne réalisation de bougies, et BON NOEL !
12/12/1999 Réponse de
Loic Poullain :
Dans cette situation, je reprendrais des expériences avec des liquides
différents (eau, eau salée, jus d'orange, lait, etc.) pour dégager des points communs
de comportement. On peut consulter le document insight
sur les liquides.
L'enfant a peut-être attribué le qualificatif de liquide à l'eau seulement.
Il faudrait aussi réaliser avec lui de l'eau salée. L'interprétation
"logique" ne devrait pas rester car il y a tellement de situations dans
lesquelles les objets ont plusieurs qualificatifs. A creuser en interrogeant l'enfant
Haut de page
Comment
construire la matérialité des gaz à l'école
03/01/2000 Question de Severine Maugeais, enseignante de
cycle 3 dans la Manche maugeais@yahoo.fr
Comment faire dépasser l'obstacle de la matérialité des gaz ?
08/01/2000 Réponse de Jean-Michel
Rolando:
Lorsqu'un enfant de quelques mois voit disparaître de sa vue l'objet de sa convoitise, il
n'imagine pas que ce dernier existe encore. À l'âge adulte, nous avons conscience de la
permanence et de la conservation de la matière. Si l'âge intervient dans cette
maturation, l'école a un rôle à jouer, principalement à l'âge primaire. Les
difficultés les plus essentielles concernent les gaz. L'objectif est de comprendre qu'ils
sont de la matière au même titre que les liquides et que les solides. Comment espérer
faire progresser les élèves dans cette voie ? Je présente ci-dessous quelques
réflexions et quelques propositions concernant deux gaz susceptibles d'être étudiés à
l'école primaire : l'air et la vapeur d'eau.
A. LE CAS DE
L'AIR
1. OÙ SE SITUENT LES
OBSTACLES ?
L'une des caractéristiques de la pensée enfantine
est ce que les psychologues appellent "primat de la perception". Cela signifie
qu'un enfant éprouve des difficultés à concevoir ce qui ne se perçoit pas et tout
particulièrement ce qui ne se voit pas. En conséquence l'air, principalement lorsqu'il
est immobile, n'est pas reconnu comme de la matière. Le vent est un phénomène familier
dès l'école maternelle. Mais les élèves n'établissent pas facilement qu'il s'agit
d'air en mouvement.
Un deuxième aspect est le langage commun qui emploie le mot "air" comme un
synonyme de "vent" ou de "courant d'air" et qui laisse entendre aux
jeunes enfants que l'air n'existe qu'à l'extérieur ("ferme la porte, tu fais entrer
l'air...").
2. L'AIR EST-IL DE LA
MATIÈRE ?
Bien sûr que oui ! Mais que signifient ces
mots ? De nombreux enfants sont capables d'affirmer que dans une bouteille
"vide" il y a en fait de l'air, que l'air est partout, etc. Mais au-delà des
mots, comprendre que l'air est de la matière signifie :
la pleine conscience que l'air possède toutes les
propriétés générales de la matière ;
l'aptitude à mener des raisonnements engageant ces
propriétés pour expliquer certaines situations.
Quelles sont ces propriétés ?
À l'école, je pense qu'on peut avec profit travailler sur les suivantes.
- Permanence (non-apparition, non-disparition).
- Déplacement (l'air était ici, maintenant il est là).
-Poids (plus il y a de l'air dans un ballon, plus il est lourd).
Les deux premières propriétés sont bien sûr
liées : tout déplacement d'air se fait sans apparition ni disparition. L'air, comme
toute matière, obéit à une loi de conservation.
3. ACTIVITÉS POSSIBLES POUR
CONSTRUIRE LA MATÈRIALITÉ DE L'AIR
L'objectif peut être poursuivi dès le cycle 2.
Mais si aucun travail n'a été fait préalablement, il reste tout à fait adapté au
cycle 3. De nombreuses situations intéressantes sont proposées dans le livre de
l'élève "découverte des sciences" CP-CE1 de la collection Tavernier chez
Bordas (édition de 1996), p.61. Il est facile d'en imaginer d'autres. Si toutes
s'interprètent par un raisonnement impliquant déplacement et/ou conservation de l'air,
je crois que l'ordre dans lequel elles sont travaillées n'est pas anodin. L'état de ma
réflexion est le suivant.
1. Commencer par des situations de
transvasement entre deux récipients nettement identifiés.
2. Continuer avec des situations qui
s'interprètent par la présence de l'air, mais sans déplacement.
3. Enfin, terminer par des situations où
intervient l'air de la pièce.
Voici un exemple pour chaque catégorie.
3.1. Transvasement entre
deux récipients nettement matérialisés.

L'enseignant orchestre une mise en scène en
présentant l'objet mystérieux. Il appuie sur la bouteille (ce que les élèves ne voient
pas). Le ballon de baudruche se gonfle.
Une telle situation est immédiatement
interprétée par les élèves par un déplacement d'air. Cela n'a rien d'illogique, ils
savent qu'on gonfle un ballon en insufflant de l'air. Ils imaginent qu'une pompe est
cachée sous le tissu. Lorsqu'ils découvrent la bouteille, ils formulent aisément et
avec leurs mots un raisonnement comme le suivant : "quand on appuie, l'air sort
de la bouteille et entre dans le ballon".
3.2. Situations où il n'y a pas de
déplacement d'air.
Considérons, pour illustrer notre propos
l'expérience suivante.

Les élèves n'anticipent pas tous la bonne
réponse, mais après avoir réalisé l'expérience et éprouvé l'effort qu'ils font pour
enfoncer la bouteille, ils parviennent à formuler une explication comme la
suivante : "l'eau n'a pas pu entrer dans la bouteille parce qu'il y a déjà de
l'air".
3.3. Situations où est
impliqué l'air de la pièce
Voyons ce qui se passe si l'on perce la bouteille de
la figure précédente (un clou préalablement chauffé donne d'excellents résultats).
L'air peut s'échapper par le trou donc l'eau peut pénétrer dans la bouteille. Certains
élèves estiment que grâce au trou, l'air peut entrer dans la bouteille et ainsi aspirer
l'eau... Il faut donc se demander si l'air entre ou sort et imaginer une expérience pour
le savoir (bulles à l'aide de liquide vaisselle ou petit papier témoin placé près du
trou).
3.4. Poids de l'air
L'expérience est classique. Il faut
équilibrer une balance avec un ballon (foot ou basket) mal gonflé sur un plateau et une
tare sur l'autre plateau. Il faut ensuite gonfler le ballon et comparer... Prendre soin
d'opérer avec le même ballon en deux pesées et non en comparant deux ballons, l'un bien
gonflé, l'autre mal gonflé (les enveloppes des deux ballons, même identiques, risquent
de ne pas avoir le même poids). Ne pas opérer avec des ballons de baudruches : ils
sont trop déformables ce qui expose à de mauvaises surprises dues à la poussée
d'Archimède de l'air (inutile, je pense, de développer cet aspect ici).
Du point de vue pédagogique, il faut
bien sûr demander aux élèves d'anticiper. L'expérience sensible des activités
sportives laisse croire à certains qu'un ballon mal gonflé est plus lourd qu'un ballon
bien gonflé. Normal... Il rebondit moins, il fait mal aux pieds (foot) ou aux poignets
(volley)... Le déroulement suit donc le schéma classique suivant : anticipation, débat,
vérification, formulation.
En résumé...
Dès l'école maternelle, les enfants n'ont aucun
mal à formuler que dans une assiette pleine de soupe, on ne peut plus rajouter de lait.
Pour y parvenir, il faut enlever de la soupe... L'objectif, in fine, est de les
faire accéder à une formulation de même structure : "L'eau ne peut pas entrer
dans la bouteille parce qu'il y a déjà de l'air". "L'eau peut pénétrer dans
la bouteille, parce que l'air peut sortir par le trou".
Si ce sujet est travaillé au cycle 3, il est utile de terminer par l'examen de situations
courantes telles que le remplissage d'un verre d'eau. À mesure que l'eau pénètre dans
le verre, l'air du verre s'en va. Où va-t-il ? Réponse : dans la pièce. Ces
mouvements d'air ne sont pas visibles. Mais on sait qu'il en est ainsi parce qu'on a
confiance dans le raisonnement qu'on met en uvre. Au passage, on remarquera que l'évocation
de situations de la vie courante arrive en fin de progression. Il faut en effet
maîtriser le raisonnement "déplacement, conservation", pour qu'elles fassent
l'objet d'une compréhension renouvelée.
B. LE CAS DE
LA VAPEUR D'EAU
Le cas de la vapeur d'eau est beaucoup plus complexe
que celui de l'air et il paraît raisonnable d'attendre le cycle 3 pour chercher à le
traiter.
1. DES OBSTACLES TOUJOURS
ET ENCORE !
Le langage commun confond
"vapeur d'eau" et "brouillard" en désignant, à tort, par
"vapeur d'eau" ces gouttelettes d'eau à l'état liquide, en suspension dans
l'air au-dessus des casseroles d'eau bouillante ou à proximité d'une douche chaude. La
vapeur d'eau ne se voit pas ! Tout comme l'air, elle est incolore et inodore.
Le primat de la perception fait donc obstacle pour accepter la présence de
vapeur d'eau là où n'est visible aucun brouillard, aucune buée.
Les élèves ont tendance à affecter à une substance l'état physique dans
lequel elle se trouve le plus souvent. Ainsi, ils pensent que le fer est nécessairement
solide et que l'air est toujours gazeux. En ce qui concerne l'eau, la conception est
variable. Elle est liquide pour les plus jeunes enfants. Elle est soit liquide, soit
solide, pour ceux qui ont accepté l'idée que glace et eau-liquide sont une même
substance. Le langage courant conforte cette tendance. Quel scientifique ne s'est pas
laissé allé à parler du changement d'état "d'eau en glace" ? Lorsque
nous parlons d'air, nous sous-entendons toujours qu'il est gazeux, sinon nous précisons
"air-liquide".
Concevoir l'eau à l'état de gaz relève de la
même difficulté que concevoir l'air à l'état liquide...
Une autre caractéristique de la
pensée enfantine est le finalisme qui conduit l'enfant à considérer les
événements comme déterminés par un but (une finalité), déterminé à l'avance, à
l'image de ses propres actes intentionnels. Les raisonnements de cause à effet sont
transformés en "pseudo-raisonnements" dans lesquels la finalité justifie la
cause. Voyons quelques exemples.
La cause... ... implique l'effet |
La
cause est justifiée... |
...
par le but, la finalité, l'intention, la nécessité... |
Le
chat a des griffes... |
...
donc il peut attraper les souris. |
Le
chat a des griffes... |
...pour
qu'il puisse attraper les souris. |
Dans
les conditions normales,
l'air est un gaz... |
...
donc on peut le respirer. |
L'eau
est un liquide... |
...
pour qu'on puisse la boire. |
Dans
les conditions normales,
l'eau est un liquide... |
...
donc on peut la boire. |
L'air
est un gaz... |
...
pour qu'on puisse respirer. |
La coexistence de ces obstacles
conduit à des difficultés fortes. En particulier, les élèves refusent d'admettre la
présence d'eau dans l'air : "ce n'est pas possible, sinon on ne pourrait pas
respirer, ça nous ferait tousser..."
Peut-on traiter ces obstacles
à l'école ?
Ils sont trop présents et trop forts pour espérer
mener un travail productif au cycle 2. Cela devient possible au cycle 3 en sachant bien
que le sujet reste difficile. La vapeur d'eau, en effet, ne peut pas s'isoler, donc ne
peut pas donner lieu à des situations expérimentales où elle intervient seule
(contrairement à ce qu'on pouvait faire avec l'air). Elle est toujours mélangée à
l'air ce qui implique, du point de vue didactique, de s'assurer que les élèves ont
déjà une bonne maîtrise des situations faisant intervenir l'air.
Cela étant dit, voici quelques propositions
adaptées au cycle 3.
2. DISPARITIONS
APPARENTES... APPARITIONS APPARENTES...
2.1. Comment les élèves
les interprètent-ils ?
Lorsque des élèves de cycle 3, confrontés à une
situation classique de séchage ou d'évaporation, doivent expliquer ce qu'est devenue
l'eau, on trouve en général les trois interprétations suivantes.
a. L'eau disparaît purement et simplement
(minoritaire en cycle 3).
b. L'eau s'échappe et se transforme en air (majoritaire en cycle 3).
c. L'eau se transforme en vapeur d'eau et se mélange à l'air (minoritaire).
Il serait intéressant de pouvoir les mettre à
l'épreuve. Malheureusement, elles ne se prêtent guère à une vérification
expérimentale. En revanche, il est très utile d'engager un débat pour que chaque
élève justifie et relativise sa position en la situant explicitement par rapport à
celle des autres.
2.2. Situations d'apparition
apparente
Une première piste est de demander aux élèves de
chercher des situations où de l'eau semble apparaître. Ils trouvent en général
quelques exemples : buée sur les vitres des maisons ou des voitures ;
brouillard sortant de la bouche en hiver ; buée sur les verres de lunettes
L'enseignant peut amener d'autres situations. La réflexion des élèves est sollicitée
en leur demandant le plus systématiquement possible d'anticiper, de justifier ou encore
d'interpréter. Voici deux exemples.
Un bocal fermé contenant des glaçons se
recouvre d'eau extérieurement. Que s'est-il passé ? Attention : certains élèves
vont prétendre qu'elle vient des glaçons... Un débat est nécessaire, suivi de contre
expériences (et si, à la place des glaçons, on met simplement de l'eau dans le
bocal ?)
Dans le prolongement, une bouteille vide en verre
(en fait pleine d'air !) est mise au froid (réfrigérateur). Que se passera-t-il
lorsqu'on la sortira ? Les élèves réfléchissent, anticipent, justifient avant que
l'expérience soit réalisée.
2.3. Vaporisation suivie de
condensation
Cette expérience peut difficilement être imaginée
par les élèves, et en tout cas, elle est réalisée par l'enseignant. Il s'agit de faire
bouillir de l'eau dans la pièce et d'observer, peu de temps après, de la buée sur une vitre
éloignée de la source de chaleur (pour réussir, procéder un jour d'hiver,
dans une salle fraîche, sans soleil sur les vitres). Les élèves ne manipulent pas, mais
il est nécessaire d'organiser quand même un temps d'anticipation puis de débat.
2.4. Premières
conclusions
Dans un cas, l'eau semble disparaître... Dans un
autre, elle semble apparaître... Dans le troisième cas, l'eau disparaît d'un lieu et
réapparaît en un autre lieu...
Au cycle 3, rares sont les élèves qui se satisfont de disparitions ou d'apparitions
pures et simples. Ces expériences peuvent fonder l'idée selon laquelle l'eau existe dans
un état invisible
Mais elles n'apportent aucune preuve. Malgré elles,
certains élèves continuent à interpréter l'évaporation de l'eau comme une
transformation en air, et la condensation comme la transformation d'air (ou d'une partie
de celui-ci) en eau.
2.5. Pour la petite
histoire...
Les élèves ne sont pas les seuls à raisonner
ainsi... Que l'on écoute régulièrement les présentateurs météo des chaînes de
télévision qui sont des journalistes et bien rarement des scientifiques. Il n'est pas
rare de les entendre expliquer que "de l'air chaud arrive du sud, de l'air froid
arrive du nord, et, qu'en conséquence, il va pleuvoir". Il est très rare de les
entendre évoquer le rôle de l'humidité contenue dans l'air.
3. ANALOGIES ET MISES EN
RELATION
3.1. Idées générales
Les activités expérimentales, on vient de le voir,
ne suffisent pas à apporter la preuve de l'existence de la vapeur s'eau en la distinguant
bien de l'air. En revanche, la pensée d'élèves de cycle 3 (et tout particulièrement de
C.M.) a majoritairement perdu ses caractéristiques enfantines et évolue à grands pas
vers la cohérence et la rationalité. On va ainsi pouvoir prendre appui sur cette
"pensée scientifique naissante" pour faire accepter les changements d'état
comme une propriété générale de la matière qui obéit dans tous les cas à une loi de
conservation. Il s'agit en somme de se défaire des cas particuliers pour construire, en
interaction avec d'autres transformations de la matière, un cadre de pensée plus
général, qui permettra une compréhension renouvelée du cas de la vapeur d'eau.
3.2. Toutes les
substances changent d'état
Travailler sur le changement d'eau liquide en glace
(et réciproquement) est utile, mais insuffisant pour fonder l'idée d'une propriété
générale. D'autres changements d'état sont indispensables à envisager.
Liquide-solide. Le chocolat et le beurre sont deux exemples classiques et
utilisables. Ils sont toutefois situés à la limite car le chauffage tend à provoquer
une transformation chimique qui rend la réversibilité imparfaite. La paraffine
(bougie) est un exemple intéressant (attention cependant, car l'expérience peut
présenter des dangers si la montée en température n'est pas maîtrisée). La soudure
d'électricien nous donne une occasion unique de voir de nos propres yeux la fusion puis
la solidification d'un métal. L'expérience est à faire par le maître devant un petit
groupe d'élèves. Elle consiste à mettre de la soudure dans une petite cuillère et à
chauffer quelques instants sur une flamme. La goutte liquide obtenue peut être versée
d'une certaine hauteur sur une planche en bois. Elle se solidifie en pleine phase
d'éclaboussure et peut être touchée au bout d'une quinzaine de secondes. Les élèves,
même s'ils ne réalisent pas l'expérience, ne s'en lassent pas.
Liquide-gaz. Les exemples envisageables à l'école ne sont, hélas, pas très
nombreux. Hormis l'eau, on peut citer l'eau de Cologne ou d'autres liquides volatils
(exclure l'éther pour des raisons de sécurité). On peut encore évoquer le butane dont
tout le monde sait qu'il est gazeux dans les conditions habituelles, mais qui est
conservé dans les bouteilles (ou dans les briquets) à l'état liquide.
3.3. Ce qui ne se voit
pas existe quand même.
Le sel, en se dissolvant dans l'eau, disparaît de
la vue. On sait qu'il n'a pas disparu car le goût atteste de sa présence.
L'eau de Cologne, en s'évaporant, se mélange à l'air. On ne la voit pas, mais l'odorat
atteste qu'elle y est. Elle n'a pas disparu, elle ne s'est pas non plus transformée en
air (sinon elle ne sentirait plus...).
L'analyse de ces exemples, où la perception joue encore comme point d'appui, peut
conduire à étendre l'analogie : la vapeur d'eau ne se voit pas et ne se sent pas ;
pourtant elle n'a pas disparu : elle s'est mélangée à l'air.
3.4. Conclusion
Aucun de ces exemples ne se suffit à lui seul.
C'est leur convergence vers un objectif unique (la matière se transforme en respectant
une loi de conservation) qui peut conduire à une certaine efficacité.
4. DIFFICULTÉS ET
APPORTS DE LA BIOLOGIE : L'ÉVAPO-TRANSPIRATION DES PLANTES
Le rôle de l'eau est primordial dans les grandes
fonctions du vivant. Malheureusement les mécanismes font presque toujours intervenir des
transformations chimiques. C'est le cas par exemple de la respiration déjà
évoquée : l'air expiré contient une quantité notable de vapeur d'eau et de
dioxyde de carbone et sa composition diffère nettement de celle de l'air inspiré. La
question est difficile car la conservation a lieu au niveau des atomes, ce qu'on ne peut
pas aborder à l'école.
Il y a, en revanche, un exemple tout à fait porteur : celui de l'évapotranspiration
des plantes. L'eau, absorbée au niveau des racines, entraîne les sels minéraux dans la
plante, et s'évapore par les feuilles. Des activités scientifiques et expérimentales
sont possibles sur ce sujet. Il suffit de se demander ce que devient l'eau d'arrosage. Au
cycle 2 on peut prouver qu'elle pénètre par les racines. Au cycle 3 on peut se demander
si la plante conserve (ou non) toute l'eau qu'elle a absorbée. Deux expériences
complémentaires nous intéressent ici. Leur principe peut être imaginé par des
élèves.
On arrose une plante, puis on recouvre la terre d'un film en plastique pour
s'affranchir de l'évaporation directe. L'ensemble est ensuite pesé. Au bout de quelques
jours, on constate une perte de poids et la terre s'est asséchée.
En entourant les feuilles d'un sac en plastique, on obtient au bout de
quelques heures de la buée à l'intérieur du sac.
Ces phénomènes de disparition et d'apparition apparentes sont à relier entre eux, et à
ceux que nous avons déjà évoqués. Ils contribuent à comprendre ce qu'est la vapeur
d'eau.
CONCLUSION
Ce rapide tour d'horizon ne prétend pas épuiser la question. On trouvera
d'ailleurs des propositions complémentaires dans les articles cités en références.
L'essentiel, toutefois, est que la matérialité des gaz va de pair avec la
conservation de la matière. Ce pourrait être un objectif prioritaire à l'école.
Cela ne peut se faire par une ou deux activités isolées. Il faudrait au contraire penser
les progressions au niveau de l'école et du cycle. Si l'objectif est unique, les
situations doivent être nombreuses et variées, et porter sur différentes substances
(air, vapeur d'eau, soudure d'électricien, eau de Cologne...), certaines étant
directement observables, d'autres non. Elles concernent de simples déplacements (cas de
l'air) ou mettent en jeu des transformations (changements d'état, mélanges). Elles se
situent dans le cadre disciplinaire des sciences physiques et dans celui de la biologie.
RÉFÉRENCES
Plé E., (1997),
"Transformations de la matière à l'école élémentaire : des dispositifs
flexibles pour franchir les obstacles", ASTER, n° 24.
Rolando J.M.,
(1999), "L'air, du cycle 1 au cycle 3", Grand N , , n° 64, I.R.E.M. de
Grenoble.
Haut de page
Les
changements d'état en cycle 2
29/12/1999 Question dElisabeth
Morel, enseignante de cycle 2 à lécole Michelet (36) khantou@club-internet.fr
Quels objectifs peut-on viser et quel déroulement de séquences peut-on envisager en
cycle 2 ( CP ) concernant les changements d'état de l'eau.
Le point de départ est l'interrogation des élèves lors d'une séance de patinage : la
glace est-elle de l'eau ? Comment la fabrique-t-on ?
24/01/2000 Réponse dElisabeth
Plé :
Changements détat de leau en cycle 2
La glace est-elle de leau ?
Voilà une bonne question ! Pour un enfant de cycle 2, leau cest liquide,
ça coule, cest même le prototype du liquide
La glace, cest froid,
ça fond, et ça casse
, donc ce nest pas de leau, ce nest pas
solide, et bien sûr cest encore moins de leau solide
Si vous souhaitez avoir plus dinformations à ce sujet, je vous renvoie à la
première partie de larticle que jai écris dans Aster 24,
" Transformation de la matière à lécole élémentaire : des
dispositifs flexibles pour franchir les obstacles ".
Néanmoins, il est possible de travailler le sujet en CP. A ce niveau on visera une
familiarisation pratique avec la glace. La question de la fabrication est une bonne
entrée. On pourra en particulier rechercher des moyens, des endroits pour faire de la
glace, et des glaçons (ce qui nest pas tout à fait la même chose pour les
enfants). Les glaçons pourront être fabriqués avec des objet faits pour
(finalisme), mais on pourra aussi fabriquer des moules à glaçons.
Inévitablement ces glaçons fondront
et se posera la question de refaire des
glaçons avec " leau de glaçons " Est-ce
possible ?. On pourra rechercher des moyens pour les faire fondre au plus vite, ou au
contraire les garder le plus longtemps possible dans la glace
.En travaillant ainsi
la réversibilité, on contribuera à construire le fait que la glace est de leau
même si ce nest pas la formulation à laquelle vous arriverez ( qui sera plutôt en
terme de transformations).
Haut de page
Flotte-coule
dans différents liquides
31/01/2000 Question de Nicolas
Demarthe, enseignant dans la ZEP de Nogent sur Oise, ZEPNOGENT.60@wanadoo.fr
La séquence 7 du module sur les liquides s'intéresse aux objets qui coulent ou qui
flottent dans d'autres liquides que l'eau. Nous avons pré-expérimenté sans les élèves
et nos conclusions sont floues (déplacement des objets dans l'huile et le sirop plus
lent, amorti de part la consistance de ces 2 liquides, par contre, pas de réelles
différences sur la flottabilité des objets plongés dans différents liquides). Il est
vrai que l'objectif de la séquence porte sur l'observation du comportement d'objets dans
différents liquides et sur la consistance des liquides afin d'en déduire que les
propriétés d'un liquide déterminent le comportement des objets qui y sont plongés.
Cependant, la notion de densité n'apparait pas clairement dans cette séquence alors que
préalablement, les enfants ont observé que l'huile et l'eau se superposent : donc
densités différentes.
Faut-il démontrer aux élèves qu'un objet qui flotte dans l'eau peut couler dans
l'huile, et d'abord est-ce exact ?(nos expériences, en ce domaine, sont peu
probantes)
04/02/2000 Réponse dElisabeth
Plé :
La flottaison sur différents liquides :
Je décompose votre question en deux parties et je me permets une petite réflexion
personnelle sur le traitement de ce sujet en classe.
1. Est-ce exact quun objet qui flotte sur leau peut couler dans
lhuile ?
Deux liquides, non miscibles entre eux vont se
superposer. Cest le liquide le plus dense qui ira au fond. Prenons par exemple 3
liquides, leau, lhuile et lalcool, on peut parfaitement dire que
lhuile flotte sur leau, ou que lalcool flotte sur lhuile.
Cette loi de comportement des liquides est dailleurs identique à celle des objets
solides pleins sur leau. Parmi ces objets, ceux constitués de matière de densité
supérieure à 1, coulent ( le verre, le fer
.), les autres flottent [ la glace, le
bois (pas trop exotique..), la bougie
.].
Les objets qui coulent dans leau (d>1) couleront bien sûr dans tous les liquides
de densité inférieure à 1 (huile et lalcool dans notre exemple).
En revanche, un objet qui flotte sur leau ( d <1), flottera sur lhuile si
sa densité est inférieure à celle de lhuile ( dont la densité dépend de la
nature de lhuile : tournesol, colza, olive
, et surtout de la
température). Si sa densité est supérieure, il coulera
Prenons un glaçon, il flotte sur leau, il flotte aussi sur lhuile ( sa
densité est donc inférieure à celle de lhuile, tout du moins celle que jai
utilisée..), mais il coulera dans lalcool à 90°.
Si on le dépose dans un tube où sont superposés les 3 liquides, on le voit traverser
lalcool et sarrêter sur lhuile. On peut même alors observer les
gouttes deau liquide qui se détachent du glaçon et, puisquelles sont plus
denses que lhuile, vont rejoindre leau du dessous
.( cest très
beau..).
Il en sera de même dun objet en bois (en chêne par exemple).
Pour quun objet flotte sur leau et coule dans lhuile il faudrait que sa
densité soit intermédiaire entre 1 et celle de lhuile. Ce nest pas
forcément facile à trouver, le mieux cest de le fabriquer !
Pour cela, on peut prendre par exemple un petit flacon bouché, genre échantillon de
parfum et y ajouter de leau, de manière à ce quil soit juste en limite de
flottaison sur leau. (ainsi sa densité sera proche de 1 et supérieure à celle de
lhuile). Il flottera sur leau, mais coulera dans lhuile, et a fortiori
dans lalcool.
2. Faut-il le démontrer aux élèves ?
Bien sûr la notion de densité est parfaitement inaccessible à lécole
primaire
, mais on peut malgré tout viser la découverte par les élèves de lois de
comportement des objets sur différents liquides.(je ne lai jamais testé dans une
classe, mais la réflexion que vous venez de minviter à faire sur le sujet me donne
envie dessayer
Merci.).
Ainsi on pourrait se constituer une colonne de liquides référence (en superposant
plusieurs liquides, par exemple alcool, huile, eau) et préparer 3 récipients contenant
chacun les 3 liquides en question ainsi que 5 objets : glaçon, bille en bois,
bille en verre, bille en acier, petit flacon ci dessus. Dans le récipient contenant
leau les enfants pourraient tester le comportement de ces objets, ensuite prévoir
le comportement de ces objets dans lhuile et dans lalcool et le vérifier. Ils
pourraient alors vérifier leur explication en déposant leurs objets dans la colonne
contenant les 3 liquides superposés.
On en conclurait que si les liquides se superposent ainsi :
- un objet qui coule dans leau coulera
forcément dans les liquides qui sont au dessus
- un objet qui flotte dans leau, peut couler
dans lhuile
- un objet qui coule dans lhuile, coulera
forcément dans lalcool.
Une réflexion personnelle sur le
sujet : (au delà de la question posée)
Grâce à votre question jai regardé dun peu plus près le module
insights sur les liquides et en particulier la partie concernant la flottaison. Concernant
la flottaison sur leau, je regrette quon en reste à du factuel sans inviter
les enfants à aller vers la recherche dune explication. Certes le concept de
densité est parfaitement inaccessible, mais il est cependant possible datteindre
une explication avec le niveau de formulation suivant : " il y a de la
matière qui flotte (bois, la bougie, le polystyrène, le liège) et de la matière qui
coule, (le fer, le verre, laluminium
). Un objet en matière qui flotte, flotte
toujours. Un objet en matière qui coule, sil est plein, il coule, sil est
creux, il flotte ou coule, ça dépend de limportance du creux ".
Haut de page
L'hiver
et la glace en cycle 1
15/01/2000 Question de Karine
Auger, enseignante en cycle 1 dans le département 92, à lécole La Fontaine, karine.auger@asfi-fr.com
Je suis enseignante en petite section maternelle. Nous abordons le thème de l'hiver.
J'aimerais montrer aux enfants ce qu'est la neige : les cristaux de neige et faire des
expériences avec eux sur le froid : glaçons. J'aimerais alors leur faire prendre
conscience de la notion de froid. Merci d'avance pour votre précieuse aide !
24/01/2000
Commentaire de l'équipe "La main à la pâte" à André
Laugier:
Il nous semble qu'une référence à votre publication dans le BUP n° 806 de 1998
pourrait intéresser l'enseignante (l'histoire du loup Isengrin dont la queue reste
coincée dans l'eau gelée).
24/01/2000 Première réponse de André Laugier :
"Lactivité Isengrin" est au départ plutôt conçue pour une moyenne / grande
section. Je n'ai jamais pratiqué cette activité avec des tous petits. je vais en
discuter avec des enseignants de petite section et je rédigerai quelque chose. Meilleurs
voeux à toute l'aquipe "Lamap".
01/02/2000 Deuxième réponse de André Laugier :
Bonjour, un petit mot pour dire où j'en suis par rapport à la question sur le changement
d'état en petite section. Les enseignants contactés ont été de mon avis sur la
difficulté pour transposer en PS l'activité "Isengrin" telle qu'elle est
évoquée dans le BUP. J'avais proposé cette activité comme un des moyens possibles pour
amener les enfants à passer d'un regard purement affectif sur des événements à un
regard plus scientifique, plus rationnel. Cette activité qui fonctionne très bien en GS
et même en MS à partir de la fin de l'année nécessite chez les enfants la capacité à
analyser une situation, à relier cette situation évoquée à des événements déja
vécus par eux.
Cette capacité à percevoir l'analogie entre des situations au premier abord différentes
(Isengrin en train de pêcher, le père ou la mère qui met de l'eau au congélateur pour
fabriquer des glaçons par exemple) pour remarquer que dans les deux cas de l'eau change
d'aspect et de propriétés pour les mêmes raisons (il fait froid) ne nous paraît pas
pouvoir être attendue chez des PS (3 ans). A ce niveau les enseignants se
"contentent" de faire parler les élèves sur des événements récents de leur
vie quotidienne : "Ce matin il y avait de la glace dans le caniveau, de la neige dans
la cour, des enfants ont mis de la neige dans leur poche pour la rapporter à leur maman
le soir, etc".
L'activité langagière est organisée autour de ces événements mais il ne semble pas
réaliste d'engager des enfants de trois ans dans la résolution d'une problématique
nécessitant une activité d'investigation de type scientifique (comment garder de la
neige longtemps ?; pourquoi la poche dans laquelle j'ai mis la neige est mouillée ?;
etc.). Des manipulations peuvent et doivent être proposées à ces enfants de PS: des
glaçons colorés avec de la menthe à l'eau, du sirop de grenadine, des glaçons d'eau
sucrée ou salée, etc.) mais dans ce cas le schéma serait : l'enseignant propose une
manipulation ---------> l'enfant éprouve des perceptions (chaud, froid, sucrée,
salée, etc. ---------> il apprend à distinguer, reconnaître, puis nommer ces
perceptions --------> un dessin lui permet de communiquer ce qu'il a fait.
Ceci dit il y a très peu de séquences "découvrir le monde" effectivement
proposées au cycle 1 en général et en PS en particulier. C'est un domaine qui a été
me sembe-t-il assez peu exploré par les pédagogues et les didacticiens (les PE2 qui font
leur mémoire avec moi autour de l'utilisation du site la main à la pâte ont fait cette
critique). Aussi dans les prochains jours je vais vous envoyer une fiche présentant
l'activité Isengrin pour des MS / GS. Vous verrez si celà vaut le coup de la mettre sur
le site, s'il faut la retravailler, dans quel sens. Je ne me vexerai pas si elle reste
dans les cartons! J'aimerais évidemment beaucoup que des enseignants essaient de mettre
en oeuvre cette activité que je pratique depuis plusieurs années avec des PE2 dans le
cadre de leur mémoire) et me fassent parvenir critiques et suggestions.
Note des médiateurs : allez consulter la séquence d'activités
Histoire et changement d'état.
Haut de page
Quelles
expériences pour expliquer le vent en cycle 2 ?
17/02/2000 Question de Sylvie
Boningue, enseignante en cycle 2 dans le département de la Creuse, à l'école
de Dun le Palestel, Eco.Dun.palestel@wanadoo.fr
Quelles expériences peut-on mettre en place pour expliquer ce qu'est le vent?
04/03/2000
Réponse de Elisabeth Plé:
Voilà une réponse beaucoup moins rapide que le
vent, mais avec des expériences inédites que j'ai testées à toutes les fenêtres de ma
maison... Elle donne suite à une question précédente sur le vent et réutilise le
papier de soie qui a fait l'objet de plusieurs échanges sur la liste. Mais c'est un peu
limite pour le cycle 2! Je n'ai pas gardé l'expérience avec le four, car ils sont
généralement équipés d'un ventilateur pour accélérer la convection.
Qu'est ce que le vent ? Comment se forme t-il ?
2 remarques
préalables :
Quelles occasions déclenchent cette question
? En cycle 2, il est intéressant de construire le fait que « le vent est de l'air en
mouvement ». vous pourrez à ce propos vous reportez à la contribution que j'ai
apportée sur ce site le 12/04/1999, et qui est archivée dans la rubrique technologie
sous le titre « air, vent et cerfs-volants ». Je conseillais de faire rechercher aux
enfants des solutions pour créer du vent dans la salle de classe en mettant l'air en
mouvement en particulier grâce à des objets techniques : gonfleur, pompe, soufflet,
ventilateur, sèche-cheveux. Evidemment les enfants curieux (et ils le deviennent
rapidement avec ce genre de démarche) ne manquent pas de poser une question du type: «
et sur Terre , où se trouve le soufflet ? »....Par ailleurs, le fait de se familiariser
pratiquement avec le vent lors d'activités de météo, ou bien des événements
exceptionnels comme la « tempête de la fin 99 » déclenchent aussi ce genre de
questionnement.
L'apport de la littérature de jeunesse : « Les secrets de l'air » édité par
les petits débrouillards chez Albin Michel suggère d'illustrer expérimentalement la
formation du vent à partir du réfrigérateur. Malheureusement le résultat est hasardeux
et pas très convaincant pour des enfants de cet âge. Le N°15 de février 2000 de
l'excellente revue pour les 8-12 ans « Science et vie Découvertes » apporte à travers
son article « D'où vient le vent ? » de bonnes explications, mais pas d'expériences
réalisables avec des enfants de cycle 2. « L'air et le vent » de J.P. Maury dans
la collection Echos Hachette apporte des explications sur la formation des vents locaux,
tels que brise de Terre ou brise de mer (pour des enfants de cycle 3)
Comment expliquer la formation du vent ?
Le vent n'est pas dû à des effets mécaniques, mais à des effets thermiques.
L'air chaud monte dans de l'air plus froid. L'air froid descend dans de l'air plus chaud.
Pour qu'il y ait vent il faut 2 masses d'air à deux températures. Si localement l'air
est chauffé, il monte, laisse un vide et l'air froid s'y engouffre, il se déplace, le
vent souffle.
Comment le montrer expérimentalement?
Si les enfants se sont familiarisés avec le vent, ils connaissent des moyens pour
repérer la direction du vent : girouette bien sûr, mais aussi drapeau et fumée (on voit
cela dans tous les manuels). Nous allons utiliser ces 2 moyens, fumée de cigarette et
papier léger (papier de soie) pour visualiser les déplacements d'air.
L'air chaud monte ?
Approchons uns cigarette d'une plaque chauffante allumée depuis un certain temps, tout en
la maintenant à l'extérieur de celle-ci. Si on déplace la cigarette autour de la
plaque, on s'aperçoit que la fumée est comme happée au dessus de la plaque.
L'air froid
descend ?
Pour montrer que
l'air froid descend, on peut prendre un bac à glaçons assez grand, attendre un peu qu'il
refroidisse l'air environnant et souffler de la fumée à hauteur de ce bac à travers une
paille. On constate alors que la fumée est entraînée par l'air froid vers le bas.
Visualiser les mouvements d'air à une plus grande
échelle :
Matériel
: une feuille de papier très léger du type papier de soie (commercialisé en librairie
par Canson ou bien récupéré dans les boîtes à chaussures).
La
masse d'air chaud sera une salle bien chauffée, la masse d'air froid sera l'air
extérieur, un jour assez froid et sans vent.
Ouvrir
une fenêtre et attacher en haut votre feuille de papier de soie, on constate qu'elle est
soufflée vers l'extérieur. Explication : dès que la fenêtre est ouverte, l'air de la
pièce, plus chaud que l'air extérieur, monte dans l'air extérieur plus froid et pousse
la feuille vers l'extérieur. Il est intéressant de refaire l'expérience à une fenêtre
diamétralement opposée et faire le même constat.
En
revanche si on suspend la feuille en bas de la fenêtre, on constate qu'elle est soufflée
vers l'intérieur. Explication : l'air froid de l'extérieur vient combler le vide laissé
par la montée de l'air chaud et pousse la feuille vers l'intérieur.
A l'échelle de la Terre : Toutes les
zones sur Terre ne sont pas réchauffées de la même manière. Par exemple, au cours
d'une journée ensoleillée il y a de grandes différences de températures entre la mer
et la Terre, ce qui créera des brises locales. De même à l'échelle de la planète les
différences de température créent des mouvements d'air.
Et en cycle 2 ?... Il me semble qu'on ne peut aborder ce problème que si les
enfants se posent réellement la question. Autrement dit, cette question ne peut pas
constituer un objectif de cycle 2 mais elle peut, le cas échéant, être traitée.
Sur quel mode ? Ce sera plutôt un apport informatif du maître illustré
d'expériences sur le mode interactif. A vous, en fonction de votre pratique habituelle de
classe d'utiliser les informations et les expériences proposées. Il pourra être utile,
à terme, de demander aux élèves de réaliser une synthèse écrite de l'explication,
qui sera ensuite discutée collectivement. Bonnes expériences et si vous expérimentez
réellement avec vos élèves, je suis intéressée par leurs réactions.... Merci.
Haut de page
Une
question à poser en classe de neige (cycle 3)
16/03/2000 Question de Nicolas
Rigault, nimo5@caramail.com
Quelle question peut-on poser pour commencer une
séance de sciences sur l'eau et plus précisément sur la neige lorsque l'on fait cours
dans le cadre d'une classe de neige.Une question qui permet d'aboutir sur les changements
d'état [le passage de l'état solide(neige) à l'état liquide(eau)].
29/03/2000
Réponse de Elisabeth Plé:
Tout dabord, excusez moi de ne pas répondre " tout
schuss " à votre question. Vous vous demandez " quelle question on
peut poser pour commencer une séance sur leau à partir de la neige, dans le cadre
dune classe de neige, et en vue détudier les changements
détats ".
En effet, une séance ne démarre pas forcément par une question frontale . On
préfèrera bien souvent une mise en situation, bien choisie par lenseignement en
fonction du problème à traiter et qui débouchera sur un questionnement de la part des
élèves. Ainsi, plusieurs pistes (problèmes) vous sont ouvertes :
Comment, quand et pourquoi la neige fond t-elle ?
Ce qui est en jeu ici, est de faire découvrir que :
- la neige fond à condition quelle reçoive de la chaleur de lextérieur (
donc de faire découvrir que la neige fond si elle est placée dans un milieu à une
température supérieure)
- sa température reste constante et égale à 0°C pendant la durée de fusion
Cette activité peut démarrer par la recherche de solutions pour faire fondre de
la neige, le plus rapidement possible (par exemple, la main, le radiateur, une plaque
chauffante, le Soleil, de leau chaude
.) . Les essais vont rapidement poser le
problème de la séparation de variables : pour pouvoir comparer, nécessité
dun témoin et nécessité de se placer dans des conditions identiques (quantité et
même récipient). On pourra alors comparer, dans la mesure du possible, la température
des sources. On pourra aussi comparer la température de la neige en train de fondre dans
les différents cas
. Et en tirer les conclusions.
Sur les pistes (de ski), les enfants vont probablement faire des observations
surprenantes : les cailloux (sur la neige) font fondre la neige. Il en est de même
des pylônes des remontées mécaniques (à leur base la neige fond plus rapidement). Ils
relèveront ces observations à condition quils se soient investi dans leurs travaux
de recherche. Les faits sont alors perçus, car non conformes aux conclusions tirées en
classe. Ces questions peuvent être un nouveau point de départ pour étudier comment
faire fondre la neige le plus rapidement possible au Soleil
( " piste
réservée aux bons skieurs "
..)
- Comment empêcher la neige de fondre ?
Ici, ce ne sont pas les changements détats qui sont visés, mais la découverte
des isolants thermiques. Lentrée à partir de la neige est particulièrement
motivante pour les enfants. Puisque la neige fond dès quon la rentre dans une salle
chauffée, on peut leur demander de trouver des solutions pour conserver la neige le plus
longtemps possible.
Il sera alors intéressant de mettre la neige dans des gobelets en plastique et rechercher
différentes solutions ( en prenant soin de prévoir un témoin). Bien sûr le freezer
sera rapidement sollicité, puis les objets qui habituellement conservent le froid :
boites en polystyrène pour conserver les glaces, la bouteille thermo, la glacière.
Evidemment ils ne penseront pas à mettre les gobelets de neige dans la laine de verre, ou
dans un pull de laine, ou dans une couverture ( ces objets apportant pour les enfants de
la chaleur
.). Après la première investigation, une réflexion sera donc
nécessaire pour amener les enfants à trouver le point commun des objets quils ont
dabord sélectionnés. Le terme isolant est rapidement prononcé. On testera alors
dautres isolants, par exemple la laine de verre. Ils ne penseront pas au pull de
laine (la laine ça tient chaud), on pourra les inviter à tester la laine. Ils seront
persuadés quelle va faire fondre la neige. La surprise engendrée par le résultat
va relancer le débat sur les isolants thermiques
.
- Quest ce que la neige ? ( mais attention, cest une piste
noire !). Bonnes expérimentations, mais surtout bon ski !
Haut de page
Activités
en classe de neige au cycle 2
16/03/2000 Question de Nicolas
Rigault, nimo5@caramail.com
Quelle question peut-on poser pour commencer une
séance de sciences sur l'eau et plus précisément sur la neige lorsque l'on fait cours
dans le cadre d'une classe de neige. Une question qui permet d'aboutir sur les changements
d'état [le passage de l'état solide(neige) à l'état liquide(eau)].
29/03/2000
Réponse de André Laugier:
Bonjour, le questionnement de départ pour un travail sur les états de l'eau va évoluer
sur l'ensemble du cycle 2 et ne sera pas le même pour une GS ou pour un CE1. Pour choisir
un questionnement de départ il peut être intéressant pour l'enseignant de préciser
jusqu'où il souhaite aller avec ses élèves (quels objectifs notionnels).
En fin de cycle 2 un enfant doit savoir que la glace, le givre, la neige, le brouillard
c'est aussi de l'eau (pour un enfant de cet âge là, l'eau c'est forcément l'eau qui
coule comme celle que l'on boit). Personnellement j'écarterais au cycle 2 tout ce qui
concerne l'eau à l'état gazeux, la fameuse vapeur d'eau qui ne se voit pas, ne se sent
pas et dont l'existence ne peut être pour un enfant de cycle 2, qu'un objet de pensée
qui permet conceptualiser ce que devient l'eau entre l'état liquide (je peux tremper
mes mains dedans, je peux la boire, elle mouille, etc.) et l'eau à l'état solide (elle
est froide, je peux l'attraper, etc.). Si on se centre au cycle 2 sur cette idée de
coexistence et de transformation eau état solide / eau état liquide alors des
questionnements de départ possibles en classe de neige pourraient être : - comment
garder de la neige ? des aiguilles de glace (les stalactites qui pendent des toitures le
matin), peut-on attraper et garder un flocon de neige pour le dessiner ? etc. Dans tous
les cas les enfants constatent qu'ils se retrouvent rapidement avec de l'eau liquide dans
les mains. - à partir de là on peut engager les enfants sur la recherche de moyens
permettant de garder le plus longtemps possible de la neige ou le morceau de glace. il ne
s'agit pas de faire au cycle 2 les activités isolant / conducteur thermique qui seront
systématisées au cycle 3 mais d'amener les enfants à concevoir que suivant les
conditions chaud / froid l'eau se présente tantôt à l'état solide et tantôt à
l'état liquide. - à partir de ces activités on pourra bien sûr se poser la question de
savoir si avec de l'"eau" (eau à l'état liquide) on peut obtenir de la glace
(eau à l'état solide). Que faudrait-il faire ? ("donner du froid" à l'eau),
Comment ? en classe de neige mettre de l'eau liquide dehors la nuit, en classe utiliser le
mélange réfrigérant (glace + sel voir fiche Ysengrin cycle 1) - au CE1 uniquement,
utiliser un thermomètre pour observer à quelle température se fait ce changement. * * *
* * * Je profite de l'occasion donnée par cet échange pour dénoncer une
"expérience" souvent présentée comme point de départ crucial pour engager
les enfants dans l'idée que l'eau s'évapore : celle de l'observation de flaques d'eau
qui dans la cour sèchent en quelques heures aprés la pluie. Attribuer le séchage des
flaques à l'évaporation de l'eau, c'est négliger le fait que la plus grande partie de
l'eau ainsi "disparue" s'est infiltrée dans le sol. Il suffit pour s'en
convaincre de laisser dans une assiette de l'eau sur le rebord d'une fenêtre pour
constater que plusieurs jours après l'eau est toujours là !
Il faut se méfier des observations et des interprétations qui ne sont évidentes que
pour l'enseignant qui est le seul à savoir ce qu'il faut voir. une réflexion personnelle
toujours, c'est que nous avons facilement tendance dans nos propositions d'activité à
privilégier une lecture orientée des phénomènes alors que nous affirmons par ailleurs
constamment qu'un des objectifs de la main à la pâte et de favoriser chez les enfants la
capacité d'avoir une multi-lecture d'un même phénomène. Apprendre à voir autrement ce
que l'on a l'habitude de voir, ne pas s'enfermer et enfermer nos élèves trop vite dans
une grille de lecture d'un phénomène voilà me semble-t-il une compétence
caractéristique de l'activité scientifique que l'école doit contribuer à développer
chez les jeunes enfants. Cordialement.
Si on les sollicite davantage, ils disent que leau a disparu, ou
quelle sest transformée en air. Ils ne conçoivent pas lexistence
dune substance à létat invisible. Cet obstacle, que nous avons étudié de
près, (voir Aster24), nest pas facilement franchissable dans le cas présent. Il
est en effet renforcé par un raisonnement des enfants sous forme de pensée
catégorielle : leau est pour les enfants le prototype des liquides, elle
soppose de ce fait à lair et aux gaz. De plus le langage courant ne facilite
pas les choses : dans la vie quotidienne, on parle bien de vapeur deau, par
exemple quand on ouvre la cocotte minute, mais alors ça se voit !
.
Pas étonnant donc que vous éprouviez des
difficultés. (ça ne fait pas beaucoup progresser, mais ça rassure !)
Haut de page
Pourquoi
les enfants ne comprennent-ils pas les expériences sur l'évaporation et la condensation?
31/03/2000 Question de Sylvain
Morel, étudiant, sylvain.morel@caramail.com
Je suis en PE1. Lors d'un stage j'ai réalisé plusieurs séance sur
l'évaporation. J'ai présenté aux enfants l'expérience suivante : on pose à
l'intérieur d'un saladier contenant de l'eau et fermé par du papier film une tasse. On
pose le saladier sur le radiateur et, au bout de quelques jours, le niveau d'eau a baissé
dans le saladier, des gouttes sont apparues sur le papier film et de l'eau apparaît dans
la tasse. Après confrontation des idées pour expliquer le phénomène, et malgré mes
explications, plus de la moitié des élèves n'a pas été convaincue par le fait que de
l'eau s'évaporait, montait dans le saladier sous forme de gaz et se recondensait au
contact du papier froid. Pourquoi ont-ils autant de problème pour comprendre ce
phénomène et comment y remédier ?
10/04/2000
Réponse de Elisabeth Plé: |