La rotation
de la Terre autour du Soleil
22/11/98 : Question de Bertrand
Brisson, enseignant de cycle 2 à Huisseau sur Mauves (45), brnfubrisson@lemel.fr
Comment faire une expérience pour démontrer que la Terre tourne autour du
Soleil ?
02/12/98 : Réponse de Janet
Borg
Les enfants observent le "mouvement apparent" du Soleil autour
de la Terre : c'est une réalité de leur vie quotidienne que d'observer que le Soleil se
lève à l'est et se couche à l'ouest. Dans les livres, on rencontre une autre réalité
: " la Terre tourne autour du Soleil ".
Comment leur faire appréhender cette
contradiction ? Il faut leur faire saisir ce qu'est le mouvement relatif. Deux
expériences peuvent être proposées :
- 1) Matériel : un petit manège de jeu d'enfant (lego, Fisher price ?), un personnage
assis sur un banc, un arbre pour planter le décor.
Comparer les deux situations suivantes : le manège tourne et une fois par tour, on passe
devant la personne assise / le manège est fixe et c'est la personne qui tourne autour :
même fréquence de rencontre (si vitesse la même)
(peut être plus simple de se remémorer une séance réelle de manège ?)
- 2) Matériel : une longue feuille de papier
blanc sur laquelle est dessiné un paysage avec, par exemple, un arbre à gauche et une
maison à droite ; une feuille de rhodoïd transparent où est dessiné un petit chat (par
ex), à hauteur de l'arbre quand les deux feuilles sont superposées.
Le but : que le chat " soit déplacé " de l'arbre à la maison.
Deux solutions possibles : soit on déplace le papier blanc de la droite vers la gauche
(chat fixe), soit on déplace le chat de la gauche vers la droite (le paysage restant
fixe).
Dans les deux cas, pour savoir " qu'est ce qui bouge ", on a besoin d'un "
repère fixe ", indépendant des mouvements : l'arbre dans le premier exemple et la
table qui supporte les papiers dans le deuxième cas.
Pour le système Terre - Soleil, c'est la même chose: il faut avoir un repère fixe,
indépendant de la Terre et du Soleil, pour savoir si c'est la Terre qui tourne autour du
Soleil ou le Soleil autour de la Terre. Ce repère fixe, ce sont les étoiles que l'on
voit la nuit. Seules des observations répétées à plusieurs semaines d'intervalle
feront constater aux enfants que le ciel au dessus de leur tête change au cours de
l'année et que donc la Terre se déplace dans le ciel (s'ils sont patients, au bout d'un
an, ils remarquent que c'est le même ciel !). Il n'y a pas d'expériences à leur
proposer, mais seulement des observations, accompagnées de déductions de ce qu'ils ont
vu avec les deux exemples de mouvement relatif proposées. Ce thème est développé dans
les livres document et cahier d'exercices "Astronomie au cycle 3" de chez
Magnard.
Ne surtout pas leur dire que ce qu'ils voient
" est faux " ; c'est une réalité, leurs sens ne les trompent pas, ce mouvement
apparent traduit le mouvement réel de la Terre autour du Soleil.
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Le Big Bang
23/11/98 : Question de Claude
Lance, enseignant, Paul.Fort.64@wanadoo.fr
"En lisant un texte documentaire sur le
calendrier nous avons appris que notre calendrier a été construit à partir de l'année
solaire et du mois lunaire. De là, les élèves ont posé des questions sur le système
solaire, sur la rotation de la terre autour du soleil et sur l'univers en général.
Les enfants ont voulu connaître les origines de notre univers et ont posé des questions
que je vous soumets:
- Pourquoi y-a-t'il eu explosion ( big bang)?
- Comment était l'univers avant cette explosion? "
26/1198 Réponse de Gilles
Henri
De façon générale, la Science a beaucoup de mal a répondre à des questions du genre
"pourquoi": elle se contente répondre à des questions du genre
"comment" en essayant de trouver les lois décrivant au mieux les phénomènes
existants.
lorsque Einstein a trouve sa théorie de la Relativité Générale, il a tout d'abord
pense qu'elle pouvait décrire un Univers stable, statique, éternel. En fait, d'autres
scientifiques ont montre ensuite qu'un tel Univers ne serait pas stable (comme un crayon
pose sur sa pointe!) L'Univers ne peut être qu'en mouvement: soit il se dilate, soit il
se contracte.
Les observations montrent en effet que toutes les galaxies s'éloignent de nous, ce qui
s'interprète comme un mouvement d'expansion général de l'Univers qui "gonfle"
comme un soufflé au four (en revanche, contrairement à un gâteau, il n'a pas de surface
"frontière". Je ne rentre pas dans ces détails mais je peux donner quelques
explications complémentaires si besoin est).
L'Univers gonflant perpétuellement, on est conduit en remontant le temps à imaginer un
moment dans le passé (il y a environ quinze milliards d'années) où toute la matière
était réunie en un point de dimension nulle: c'est le big bang, qui peut donc être
décrit comme une gigantesque "explosion". On ne sait d'ailleurs pas si ce
mouvement d'expansion va continuer indéfiniment ou si l'Univers va finir pas se
recontracter pour finir dans un effondrement inverse du Big Bang ou "Big
Crunch"). Cela dépend de la densité de matière qu'il contient, qui est très
difficile à déterminer.
La question naturelle qui vient alors "et avant le big bang?" est très
délicate. Il faut savoir que la Théorie de la Relativité qui décrit ces phénomènes
n'est pas parfaitement exacte. Sur des arguments très généraux, on pense qu'elle
devient fausse justement lorsque l'Univers était de très petite taille (de l'ordre de 10
puissance (-35), beaucoup plus petite que tout ce qu'on peut atteindre avec les
expériences actuelles). Il faudrait alors une théorie mélangeant la Relativité avec la
Mécanique Quantique, qui décrit bien les phénomènes microscopiques. Malheureusement,
cette théorie ou "gravitation quantique" n'a pas encore été trouvée, en tout
cas pas de
manière satisfaisante. C'est un des sujets les plus difficiles et un des buts
fondamentaux de la Physique Moderne. La plupart des physiciens pensent que dans cette
théorie, la notion de temps elle-même deviendrait beaucoup plus floue et mal définie.
Il se pourrait que le temps commence sans qu'il n'y ait rien "avant", comme la
température commence à partir du zéro absolu (-273,15 °C) et qu'il n'y a rien
"en-dessous". Une autre comparaison
possible est que si on va toujours vers le sud, on finit par arriver au pole sud où il
n'y a plus rien "au sud". Le big bang pourrait être le "pôle sud" du
temps...
26/11/98 Réponse de Fabienne Casoli
Pourquoi y-a-t'il eu cette explosion (le Big Bang ?):
La bonne réponse est sans doute qu'on ne sait pas. Mais on peut expliquer pourquoi les
astronomes pensent qu'il y a eu un moment dans le passé, disons il y a environ 15
milliards d'années, où l'Univers était comprimé dans une région très petite,
beaucoup plus petite qu'un atome; l'Univers était donc très dense, et également très
chaud. Il y a plusieurs raisons de penser cela, la première étant l'expansion de
l'Univers, ce mouvement que l'on observe qui fait que toutes les galaxies s'éloignent les
unes des autres. Quand on remonte en arrière dans le temps (on passe le film à
l'envers), cela montre que dans le passé, l'Univers a dû être beaucoup plus petit que
maintenant. (On peut utiliser les analogies bien connues du gâteau aux raisins qui gonfle
dans un four, et où chaque raisin voit les autres s'éloigner; ou bien du ruban
élastique sur lequel son cousus des boutons, et que l'on étire). (les autres raisons
sont plus compliquées à expliquer)
En "remontant le film" on pourrait imaginer arriver jusqu'au moment où
l'Univers n'est qu'un point. En fait, ce n'est pas possible de remonter ainsi dans le
temps jusqu'au "bout" (?), parce qu'avant un certain moment dans l'histoire de
l'Univers (le temps de Planck), on ne sait pas décrire l'Univers: les physiciens ne
disposent tout simplement pas des équations qui leur permettraient de décrire une
matière aussi inhabituelle (chaude, dense, etc.). En fait, c'est même pire que cela: ils
ne sont même pas sûrs que les notions de temps et d'espace aient encore un sens.
Ce qui nous amène à la deuxième question: qu'y-avait-il avant ? On ne peut pas y
répondre, car on ne sait pas ce que veut dire "avant" le Big Bang, parce qu'il
est très possible que le temps lui-même, et l'espace, soient nés en même temps que
l'Univers. On pourrait répondre qu'il n'y avait rien, mais ce rien est pire que le vide
le plus absolu auquel nous puissions penser: quand on pense "vide", on pense
habituellement "espace vide".... Et il y a peu de chances que l'on sache
répondre à cette (excellente) question d'ici un bon moment.
Pourquoi il y a eu un Big Bang: on n'en sait rien. Certains scientifiques parlent de
fluctuations de l'énergie du vide, mais ça n'aide pas beaucoup à répondre aux
questions. En gros, ça veut dire que l'Univers est né de rien...ce qui laisse pas mal de
marge de man¦uvre. Deux choses à noter à propos du Big Bang: ce "Grand Boum"
est le nom qu'a été donné par dérision à cette théorie par un de ses adversaires
(Fred Hoyle), mais il est resté. Par ailleurs, il faut faire attention quand on parle
d'explosion: c'est une image commode mais qui ne correspond pas à la réalité (pour ce
qu'on en sait). Quand on pense à une explosion, on pense à quelque chose qui éclate
dans un espace pré-existant. Or ici l'espace naît en même temps que la matière. Dans
le même ordre d'idées, il ne faut pas chercher dans quel direction de l'espace s'est
produit le Big Bang : par définition, il s'est produit partout.
Mon explication est sans doute décevante, mais je crois qu'il ne faut pas rater
l'occasion de signaler qu'il y a des choses que les scientifiques ne comprennent pas et
des questions auxquelles ils ne savent pas répondre; en plus il s'agit ici de questions
qui concernent également la philosophie.
référence possible (plutôt niveau collège): L'Univers, Les Documents (Gallimard
Jeunesse)
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Pourquoi la
Terre ne tombe-t-elle pas ?
25/12/98 Question d'Emmanuel
Cailliet, enseignant d'un cycle 3 à l'école Corot (91), emanouk@club-internet.fr
Pourquoi la Terre ne tombe-t-elle pas ? Pourquoi tourne-t-elle ?.
Ces questions sont apparues au cours d'une séquence sur la Terre et son relief !!
Voici la réponse qui a été faite à ces enfants de 9 ans :
- les planètes s'attirent les unes les autres et sont donc en équilibre : voilà
pourquoi la Terre ne tombe pas.
Cette attirance permit également d'expliquer
- le phénomène des marées (océan - Lune)
- et le fait que les gens qui sont aux antipodes ne tombent pas (nous sommes attirés par
cette énorme boule, nommée Terre, qui est sous nos pieds).
Par contre la notion de vitesse initiale pour expliquer le mouvement des planètes n'a pas
été abordée.
La réponse faite était-elle correcte ?
Avez-vous d'autres réponses adaptées à des enfants de 9 ans ?
29/11/98 Réponse de Fabienne
Casoli
"Pourquoi la Terre ne tombe-t-elle pas ? Pourquoi tourne-t-elle ?.
Ces questions sont apparues au cours d'une séquence sur la Terre et son relief!!
Voici la réponse qui a été faite à ces enfants de 9 ans :
- les planètes s'attirent les unes les autres et sont donc en équilibre : voilà
pourquoi la Terre ne tombe pas.
Je ne suis pas trop d'accord avec cette réponse: en fait, on pourrait considérer que la
Terre tombe en permanence vers le Soleil. Et les autres planètes n'interviennent pas dans
l'affaire: seuls comptent la Terre et le Soleil.
Les faits: la Terre est attirée par le Soleil; elle ne tombe pas dessus, mais tourne
autour. C'est la même chose qu'un satellite artificiel qui tourne autour de la Terre: il
est attiré par elle, mais ne tombe pas parce qu'il tourne. Si on lance un objet en l'air
avec suffisamment de vitesse, il re retombera pas mais sera "satellisé".
Tous les corps s'attirent les uns les autres, mais cette force est plus grande quand les
corps sont plus massifs (essayer d'éviter de dire "plus gros").
Cette attirance permit également d'expliquer le phénomène des marées (océan -
Lune)
Grosso modo, oui, mais le phénomène des marées est horriblement compliqué à
expliquer. Par exemple, il y a à tout moment deux marées hautes dans les océans de la
Terre: une juste "en-dessous" de la Lune, mais aussi une autre du côté
opposé. Expliquer la présence de ce deuxième "bourrelet de marée" n'est pas
complètement évident! Par ailleurs, les marées dans les océans terrestres dépendent
non seulement de la Lune mais aussi du Soleil (marées de vives-eaux = pleine Lune ou
nouvelle Lune, mortes-eaux = quartiers).
et le fait que les gens qui sont aux antipodes ne tombent pas (nous sommes attirés
par cette énorme boule, nommée Terre, qui est sous nos pieds).
Suggestion pour approfondir cette notion: faire dessiner aux enfants une Terre avec 6
petits bonshommes qui lâchent un poids, l'un "en haut" (à midi, il vaut mieux
ne pas parler de haut et de bas ici !), l'autre "en bas" (a 6 heures) et les
quatre autres a 2 heures, 4 heures, 8 heures et 10 heures. Leur demander d'indiquer
comment le poids va tomber. Si on leur fait faire ça en groupe, il y a des chances qu'une
discussion intéressante s'ensuive...Très probablement, la plupart des trajectoires vont
être parallèles à celle du poids que laisse tomber le bonhomme placé a midi...
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Pourquoi la Terre tourne-t-elle ?
05/01/1999 Question d'Emmanuel
Cailliet, enseignant d'un cycle 3 à l'école Corot (91), emanouk@club-internet.fr
Bonjour,
j'ai bien reçu la réponse de Fabienne Casoli, mais elle est incomplète (réponse à la
1ère question mais pas à la 2ème).
Je rappelle que la 1ère question était : pourquoi la Terre ne tombe-t-elle pas ?
La réponse de Fabienne Casoli indique que la Terre ne tombe pas sur le Soleil mais tourne
autour. D'où mon attente quant à la 2ème question des enfants : pourquoi la Terre
tourne-t-elle ?
07/01/1999 Réponse de Janet
borg
La Terre tourne, parce qu'elle tourne depuis le début ! Elle tourne sur elle même en 24
heures et autour du Soleil en un an. Pour que les enfants comprennent pourquoi les
planètes tournent (et aussi tous les objets qui composent l'Univers), on peut leur
proposer de lancer plein de billes sur un plateau de jeu, et d'essayer d'analyser leurs
mouvements : les billes se choquent entre elles, et à chaque choc, elles reçoivent ce
qu'en physique on appelle « la quantité de mouvement » et qui leur donne l'impulsion
qui guide leurs mouvements futurs, jusqu'au prochain choc. On demande aux enfants de
suivre la trajectoire d'une bille donnee. C'est peut être plus facile avec des objets
plus gros comme par exemple des balles de tennis ou ping pong , sur lesquelles ils ont
fait des dessins permettant de visualiser la rotation, et qu'on peut aussi lancer en l'air
en donnant de la main une impulsion induisant la rotation.
Si on leur dit qu'au début du système solaire,
c'était une sorte de soupe où des cailloux de plus en plus gros se cognaient, se
collaient, se rangaient petit à petit sur des orbites, pour former les planètes, ils
peuvent comprendre que ces cailloux acquièrent un mouvement de rotation, sur eux mêmes
d'une part et sur des orbites régulières d'autre part. On rejoint ici les réponses
précédentes, qui expliquaient qu'en fait la Terre tourne autour du Soleil pour ne pas
tomber dessus. Ce qui est plus difficile à admettre, c'est que ce mouvement ne s'arrête
pas, et ce, parcequ'il n'y a pas, comme pour tous les mouvements terrestres, de freinage
par la résistance de l'air. Les mêmes balles ou billes lancées dans l'eau sont
freinées beaucoup plus vite. Eau/air/de moins en moins d'air jusqu'au vide : le mouvement
est de moins en moins ralenti et peut se continuer.
07/01/1999 Réponse de Gilles
Henri
Je m'apprêtais à proposer une réponse plus nuancée. Tout d'abord il n'est pas évident
de comprendre pourquoi le mouvement de révolution autour d'un astre est analogue a celui
d'une chute. On peut proposer l'image de la
fronde: si un caillou est attache à une ficelle et que l'on tire sur la ficelle, il se
rapproche de nous (équivalent de la "chute" sur un centre attracteur). Si
maintenant on imprime un mouvement initial perpendiculaire à la ficelle, il se met à
tourner tant que l'on tient fermement la ficelle (idem pour une fronde). Si on lâche la
ficelle ou qu'on ouvre la fronde, le caillou part en ligne droite (ce qui n'est pas
évident pour tout le monde et en particulier des enfants: on a tendance à imaginer une
trajectoire courbe gardant une "mémoire" de la rotation, ce qui est faux). La
rotation résulte donc de la combinaison d'une attraction ET d'une vitesse initiale
perpendiculaire (d'un moment cinétique en langage de physicien), les deux sont
indispensables: attraction sans vitesse perpendiculaire = chute en ligne droite. Vitesse
sans attraction = ligne droite également.
L'expérience des balles de ping pong n'a malheureusement pas de force attractive, d'où
des trajectoires droites entre les chocs qui ne permettent peut être pas de comprendre
l'origine des trajectoires circulaires (en fait
elliptiques) des planètes.
Ceci dit il n'est pas du tout évident de comprendre l'origine des vitesses initiales :
dans un modèle d'Univers simplifie parfaitement homogène et isotrope, il n'y a aucune
raison pour que la matière se mette "spontanément" en mouvement relatif (autre
que l'expansion d'ensemble qui ne provoque pas en soi d'apparition du moment cinétique).
Il faut faire des théories très délicates de stabilité pour justifier l'apparition
spontanée de mouvements de rotation (qui , une fois apparus, tendent effectivement à se
conserver). La nébuleuse primitive ayant donné naissance au système solaire devait
avoir un mouvement de rotation initial qui s'est reparti ensuite entre le Soleil et les
planètes.
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Le
fonctionnement des satellites
15/01/1999, question de Jean
Reynes, enseignant, Gardinus@aol.com
" Pour aborder le fonctionnement des satellites (pourquoi ça tourne?) je prends
l'exemple du pendule retenu par le fil: si la force est trop grande, le fil casse et il
est éjecté; s'il n'a pas assez de vitesse il retombe sur la main. N'est-ce pas une
expérience trop réductrice et trop éloignée de la vérité scientifique?
Cette expérience est en fait la même que celle de la "fronde" dont vous me
parlez (ndrl : cf la réponse de Gilles Henri pourquoi le Terre
tourne-t-elle ?"
Elle me gêne un peu car le "caillou" qui
perd de sa vitesse retombe à la verticale mais pas toujours en direction de la main qui
tient le fil. Cette expérience n'est elle pas plus significative si l'on emploie un
élastique à la place du fil?
A titre perso pour me sentir moins léger j'aimerais comprendre la raison de la
trajectoire elliptique avec variation de la vitesse en fonction de la distance par rapport
au foyer. Sur l'encyclopédie ENCARTA, j'ai retrouvé les lois de Kepler mais je n'arrive
pas à leur donner un sens...
PS: En école rurale je remplaçais l'expérience de la fronde en simulant avec 2 enfants
(un retenu par l'autre avec une corde de quelques mètres) la fâcheuse aventure de la
chèvre retenue par un piquet alors que le loup arrive: elle veut fuir mais comme la corde
la retient, elle tourne... "
18/01/1999 Réponse de Gilles
Henri
" Pour aborder le fonctionnement des satellites (pourquoi ça tourne?) je prends
l'exemple du pendule retenu par le fil: si la force est trop grande, le fil casse et il
est éjecté; s'il n'a pas assez de vitesse il retombe sur la main. N'est-ce pas une
expérience trop réductrice et trop éloignée de la vérité scientifique?
Cette expérience est en fait la même que celle de la "fronde" dont vous me
parlez (ndrl : cf. la réponse de Gilles Henri pourquoi le Terre tourne-t-elle ? "
Elle me gêne un peu car le "caillou" qui perd de sa vitesse retombe à la
verticale mais pas toujours en direction de la main qui tient le fil. Cette expérience
n'est elle pas plus significative si l'on emploie un élastique à la place du fil?
Comme toute comparaison, ces expériences ont leurs avantages et leurs inconvénients. Il
y a deux différences de principe qui expliquent le comportement différent de celui d'un
satellite:
1) Le caillou est soumis a plusieurs forces: la ficelle (ou l'élastique) qui l'attire
vers le centre de rotation, mais aussi le poids qui l'attire vers le centre de la Terre,
plus le frottement de l'atmosphère. Dans le cas d'une rotation rapide, mais pas trop
(quelques tours par seconde) on peut négliger en première approximation ces deux
dernières forces, et seule l'attraction de la ficelle est importante. Mais bien sur les
frottements de l'atmosphère finissent par ralentir le mouvement, la tension de la ficelle
nécessaire pour maintenir la rotation diminue, et le poids devient prépondérant...Pour
le satellite, la force attractive de la Terre (ici identique au poids) est largement
prépondérante, bien que le frottement de l'atmosphère finisse par devenir important à
basse altitude et que les perturbations, par
exemple de la Lune, ne soit pas négligeables pour une description précise du mouvement.
2e problème: la force de la ficelle n'a pas la même expression que ,l'attraction
gravitationnelle. Une ficelle n'est pas différente d'un élastique en principe: dans les
deux cas, la force exercée est proportionnelle à son allongement, mais une ficelle sera
beaucoup plus "raide" qu'un élastique, ce qui fait que la force augmente pour
un allongement beaucoup plus petit, en pratique inobservable a l'il nu. Un
élastique permettrait donc de mieux visualiser la dépendance de la force par rapport a
la distance, et en particulier d'obtenir des trajectoires non
circulaires...malheureusement cette dépendance n'est pas la même que celle de la
gravitation universelle: la force élastique AUGMENTE avec la distance alors que la force
gravitationnelle DIMINUE (comme l'inverse du carre de la distance, merci M. Newton). Le
mouvement du caillou ou du pendule n'est donc pas identique à celui d'un satellite (tout
comme celui des élèves ci-dessous). Il n'en reste pas moins que ces expériences
illustrent de
toute façon que la rotation vient de l'association d'une force "centrale" et
d'une vitesse initiale perpendiculaire.
Moralité: rien n'est simple et il impossible de trouver des équivalents exacts aux
phénomènes célestes...
A titre perso pour me sentir moins léger j'aimerais comprendre la raison de la
trajectoire elliptique avec variation de la vitesse en fonction de la distance par rapport
au foyer. Sur l'encyclopédie ENCARTA, j'ai retrouvé les lois de Kepler mais je n'arrive
pas à leur donner un sens...
A mon avis il faut distinguer deux notions: la vitesse linéaire qui est la
"vraie" vitesse de déplacement (en mètres par seconde) et la vitesse angulaire
de rotation, qui correspond à la vitesse à laquelle il faut tourner la tête pour
suivre le mouvement des yeux a partir du centre (en tours ou degrés par seconde)
Les deux varient mais pour des raisons différentes.
- La vitesse angulaire de rotation varie avec la distance à cause de cette fameuse
conservation du moment cinétique, qui existe chaque fois que seules des forces centrales
(dirigées vers un centre fixe) agissent. L'absence
totale de force est d'ailleurs un cas particulier de force centrale: ce qui fait que cette
variation s'observe aussi dans le cas d'un mouvement rectiligne uniforme! Prenez l'exemple
d'un spectateur dans les tribunes de formule 1, en supposant qu'il regarde des voitures
s'approcher de lui dans une ligne droite à vitesse constante: tant qu'elles sont loin, il
tournera à peine la tête mais quand elles passent devant les tribunes, il doit la
tourner très rapidement pour les suivre des yeux, bien que leur vitesse n'aie pas varié.
La conservation du moment cinétique est presque "géométrique".
La seconde loi de Kepler (vitesse aréolaire constante) s'applique aussi dans ce cas comme
dans tous les cas de force centrale. Ceci explique que les planètes doivent
"tourner" plus vite (angulairement) autour du Soleil quand elles s'en
rapprochent.
Il y a un autre phénomène dans la gravitation, c'est que la vitesse linéaire varie
aussi. Ceci est dû a la force elle-même et est une réminiscence de la "chute"
du corps. En se rapprochant du Soleil, une planète (ou une comète) "tombe" un
peu et accélère son mouvement. Là, la géométrie ne suffit plus, il faut connaître la
forme exacte de la force. La première loi de Kepler (trajectoire elliptique avec le
Soleil a un foyer) et la troisième (carré des périodes proportionnels aux cubes des
grands axes) résultent d'un calcul détaillé de la trajectoire et ne sont valables que
pour une force attractive en m/r2, comme la gravitation (et elle seule, d'ailleurs). Pour
d'autres forces, on aura d'autres trajectoires: un élastique (si il reste tendu) donnera
une ellipse dont le centre attracteur est au milieu (et non au foyer), etc...Les
corrections relativistes en particulier font aussi que les trajectoires des planètes ne
sont pas exactement des ellipses. Il faudra avoir des conditions très particulières au
départ pour avoir une trajectoire circulaire, comme par exemple un satellite
géostationnaire dont l'orbite est précisément ajustée.
Qualitativement, on comprend quand même qu'une force attractive fera accélérer (dans le
sens populaire de vitesse qui augmente) un corps qui se rapproche, et le contraire pour
une force répulsive (p.ex. électrique entre
2 charges de même signe, expérience de Rutherford).
PS: En école rurale je remplaçais
l'expérience de la fronde en simulant avec 2 enfants (un retenu par l'autre avec une
corde de quelques mètres) la fâcheuse aventure de la chèvre retenue par un piquet alors
que le loup arrive: elle veut fuir mais comme la corde la retient, elle tourne... "
C'est tout a fait valable, avec même un bonus supplémentaire: cette expérience fait
probablement mieux sentir que l'attraction est un phénomène MUTUEL entre deux corps. On
verra nettement que les deux élèves doivent
mutuellement tourner autour d'un centre commun (probablement pas leur centre de gravite
car le système n'est pas isolé, les élèves pouvant s'arc-bouter sur le sol). Ce n'est
que dans le cas ou l'un des corps est beaucoup plus massif que l'autre (Soleil devant les
planètes, Terre devant les satellites) qu'on peut dire par approximation que le léger
tourne autour du lourd. En fait le lourd tourne aussi un peu, c'est ce qui est à la base
de la détection indirecte de planètes extra-solaires par exemple.
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La Lune
influence-t-elle la croissance des plantes et le comportement animal et humain?
04/05/1999 Question d'Annie Pacaud, enseignante de cycle
3 à Carquefou (44) moreau@pl.iufm.f
Y a-t-il des travaux scientifiques sur l'influence de la lune sur la croissance des
plantes et le comportement animal et humain?
16/05/1999 Réponse d'Aurélien
Barrrau
L'influence de la Lune pourrait avoir deux origines : son champ gravitationnel et son
rayonnement. Aurélien Barreau, consultant en astronomie, nous donne quelques chiffres qui
montrent que ces deux paramètres restent bien faibles comparés à la force de
gravitation terrestre et au rayonnement solaire.
"En réponse a votre question concernant le rôle de la Lune dans les modifications
des comportements et des phénomènes, on peut se référer à: P. Bianucci, "La
Lune", Bordas, Paris, 1990.
En ce qui concerne la comparaison de l'intensité relative des forces, on peut donner les
exemples suivants: ils comparent (Lune=1 par convention) les effets gravitationnels de
différents éléments sur un être humain nouveau-né (La montagne est supposée à 1 km,
la tour Eiffel à 500m et le médecin à 1m):
| |
Masse (kg) |
Distance (m) |
Force de gravitation(Lune=1) |
Force de marée (Lune=1) |
| Lune |
7E22 |
4E8 |
1 |
1 |
| Soleil |
2E30 |
1.5E11 |
200 |
0.5 |
| Mars |
6E23 |
8E10 |
2E-4 |
1E-6 |
| Uranus |
9E25 |
3E12 |
2E-5 |
3E-9 |
| Montagne |
1E12 |
2000 |
0.5 |
100000 |
| Tour Eiffel |
2E8 |
500 |
2E-3 |
1600 |
| Médecin |
100 |
1 |
2E-4 |
80000 |
D'après "Sur l'astrologie"
(Journal des Astronomes Français numéro 56) de F. Biraud et P. Zarka de l'Observatoire
de Paris.
Pour un corps a la surface de la Terre: la masse de la Lune est 1.2% de celle de la Terre
et sa distance est de 60.3 rayons terrestres. La force de gravitation lunaire est donc
(proportionnelle a M/R^2) (60.3)^2/0.012 = 300000 fois plus faible que celle de la Terre.
Concernant le rayonnement, je n'ai pas de
données précises mais l'albédo de la Lune (rapport entre la lumière réfléchi et la
lumière reçue) étant voisin de 0.07, ça reste bien faible face au Soleil...
D'une façon générale, il est amusant de noter
que pour une influence en 1/R^2 (ou R est la distance), comme c'est le cas pour la
gravitation ou le rayonnement, chaque coquille sphérique centrée sur la Terre comptant
un nombre d'astres proportionnel a R^2, la contribution varie comme R^2 *
1/R^2=constante! Autrement dit, il n'y a aucune raison de se limiter aux astres du
système Solaire et on devrait prendre en compte tous les constituants de l'Univers!
Attention cependant aux "inhomogénéités locales" et a d'autres effets plus
fins qui favorisent bien-sur le Soleil et la Lune en ce qui concerne le rayonnement reçu
par exemple... "
18/05/1999 Réponse de Gilles
Henri :
"Tout cela est parfaitement exact. Reste quand même la possibilité, qui n'est pas
ridicule, que les organismes vivants aient développe des cycles biologiques analogues aux
cycles circadiens pour s'adapter à la périodicité mensuelle de l'éclairement lunaire,
présentant éventuellement un avantage sélectif. Par exemple des espèces menacées par
des prédateurs ont plus intérêt a sortir les nuits de nouvelle lune que de pleine
lune..."
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La station Mir
s'écrasera-t-elle sur le Gers ?
10/06/1999 Question d'élèves transmise par Marie-Jo Antoine,
enseignante à Duran dans le Gers
Message de l'enseignante : " En ce moment dans le Gers, ils sont devenus fous! C'est
à qui va aller le plus loin le 11/08 (jour de l'éclipse de soleil).
Deux thèses auxquelles croient certaines familles et qui le font bien passer aux enfants
:
-il y aurait un volcan endormi sous notre cathédrale et l'explosion est prévue pour le
11!
-Mir dégringole pile sur le Gers et sur Auch!
Je suis un peu à bout d'arguments, depuis 3 semaines, face à toutes ses rumeurs et à la
crédulité de mes élèves.
Question de l'élève :
"Je suis un élève de l'école de Duran, j'ai appris que la station Mir allait
tomber sur le Gers et sur Paris.Enfin c'est ce qu'on entend dire.
Est-ce des bétises,ou la vérité?
Si cela est possile,comment un batimemt peut détruire un département comme le Gers?
Quelle est la taille de la station Mir?
La maîtresse dit que la station Mir brulera dans l'atmosphère,est-ce vrai?
21/06/1999 Réponse de Jean
Lilesten :
Des stations telles que MIR sont équipées de générateurs d'énergie à bord, qui leur
permettent entre autre de traverser l'atmosphère nocturne pendant un temps relativement
long (plus d'une heure). A l'altitude à laquelle elle évolue, MIR, comme les autres
satellites en orbite basse (quelques centaines de kilomètres) va à environ 8 km par
seconde, c'est à dire près de 30 000 km/h. Sur Terre, l'éclipse se déplacera à
environ 2850 km/h, vitesse à peu près semblable à l'altitude de MIR. La bande dans
laquelle l'éclipse sera totale est de 110 km. C'est à dire que MIR (qui ne se déplace
pas d'est en ouest) risque de passer environ 4 centièmes de secondes dans cette bande !
Ce calcul simple aurait pu être fait par P. Rabane. Mais ses dires tiennent de
l'affabulation plus que de la science.
Par ailleurs, lorsqu'un satellite tombe sur la Terre, il brûle dans l'atmosphère. Seuls
les plus gros, comme MIR, peuvent toucher le sol avant d'être totalement consummés. Cela
est déjà arrivé avec Skylab il y a quelques années. L'un des problèmes actuels de la
branche de l'astronomie qu'on appelle la "météorologie de l'espace" est de
prévoir le point d'impact. Pour cela, nous devons considérablement augmenter nos
connaissances sur la concentration de l'atmosphère à haute altitude. En l'état actuel
des choses, il nous est totalement impossible de prévoir ce point d'impact avant quelques
minutes de la chute, et encore est-ce avec une piètre précision. Prétendre qu'un objet
peut s'écraser sur le Gers ou sur Paris tient de la divination, pour ne pas dire
d'élucubrations.
Cela peut être amusant, mais ne l'est pas du tout dès lors que des enfants s'affolent à
l'idée d'être écrasés sous un objet venu du ciel.
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L'ombre des
cadrans solaires pendant l'équinoxe
24/09/1999 Question de Jean Reynes, enseignant de cycle
3 à l'école primaire publique de la Chartreuse Villefranche de Rouergue (12) , Gardinus@aol.com
Envisageant la construction de cadrans solaires avec mes élèves du cm2 j'ai commencé
par leur proposer l'exercice suivant : repérer l'ombre toutes les demi-heures d'un petit
cône de bois (8 cm de hauteur) posé sur une plaque de contreplaque horizontale. J'ai
été surpris de voir qu'entre 10 heures et 17 heures (heures où il y a le soleil dans la
cour de l'école), tous les points étaient alignés sur une droite. Cette droite à un
angle de 95° par rapport à l'axe nord-sud.
J'ai été également surpris de voir que l'angle balayé par l'ombre pendant une heure de
temps n'est pas toujours le même : il est par exemple de 15 degrés entre 10 heures et 11
heures et de 21 degrés entre 13 heures et 14 heures. De même, je ne comprends pas
pourquoi en six heures de temps (entre 10 heures et 16 heures par exemple) il n'y a pas un
angle de 90 degrés.
J'aimerais savoir si ces résultats sont normaux où s'il y a eu erreur au cours de cette
expérience.
Nous sommes à l'équinoxe et j'ai imaginé que l'angle de ma ligne d'ombre par rapport à
l'axe nord-sud représente l'inclinaison de la terre et que cela devrait inversé au
printemps. Par contre, j'imagine qu'au solstice d'hiver j'aurai une ligne perpendiculaire
à l'axe nord-sud mais plus éloignée du cône et à celui de l'été une ligne toujours
perpendiculaire à l'axe nord-sud mais très proche du cône.
Il ne s'agit là que de mes interprétations et je me demande ce qu'il y a de juste dans
ses propos.
30/09/1999 Réponse de
Gilles Henri
"Tout d'abord bravo pour votre esprit d'observation et la précision de ces mesures!
Même si les interprétations ne sont pas tout a fait justes...
Pour traiter de ce genre de problème, on a souvent le choix entre plusieurs
représentations géométriques suivant le repère qu'on choisit (lié au centre de la
Terre, à l'observateur, au soleil...). Je vous propose une solution, mais il y en a
sûrement d'autres et peut être plus compréhensible!
Je considère une représentation "de Ptolémée" dont on sait qu'elle est
incorrecte pour la dynamique du système solaire mais qui du point de vue du mouvement
relatif de la Terre et du Soleil est parfaitement équivalente a celle de Copernic. La
Terre est donc considérée comme FIXE, comme par conséquent tout point de sa surface,
dont le sommet du cône en bois, qu'on appellera comme les grecs "gnomon".
Le mouvement diurne est un mouvement de l'ensemble des astres (y compris le Soleil) en 24
h (très exactement 23h56') autour de l'axe Nord Sud. Le mouvement de révolution de la
Terre autour du Soleil se traduit ici par un mouvement supplémentaire du Soleil autour de
la Terre en un an dans un plan, l'écliptique, qui n'est pas bien sûr perpendiculaire a
l'axe Nord-Sud (le plan perpendiculaire a l'axe N-S est le plan équatorial).
L'écliptique fait l'angle bien connu de 27°31' avec l'équateur.
En 24 h, le Soleil semble donc décrire un cercle
autour de l'axe N-S. Mais la plupart du temps, l'axe T-S n'est PAS perpendiculaire à
l'axe de rotation car le Soleil n'est pas dans le plan équatorial. La ligne Terre Soleil
décrit donc apparemment un CONE dans l'espace en 24h. Ce cône est aussi décrit par la
ligne qui joint le Soleil au sommet du gnomon . Il est d'axe de révolution N-S
(matérialisé par exemple par la direction de l'étoile polaire). La trajectoire
apparente de l'extrémité de l'ombre est l'intersection de ce cône avec le plan
horizontal , qui comme on le sait en mathématiques est en général une ellipse.
Cependant dans le cas particulier de l'équinoxe, comme vous l'avez judicieusement
remarqué, le Soleil se trouve a l'intersection de l'écliptique et du plan équatorial
(direction du point gamma au printemps, et posée à l'automne). Dans ce cas particulier
seulement, l'axe TS est perpendiculaire à l'axe des pôles, et le Soleil semble décrire
un cercle dans le plan équatorial. L'ombre est également parallèle à ce plan, et la
projection de ce plan sur la surface horizontale donne une droite que vous avez observée.
A mon avis, cette droite est exactement orientée Est-Ouest, donc à 90° de la direction
N-S. La mesure de 95° doit être due à une légère erreur, peut être dans le repérage
de la direction du Nord? (si elle est effectuée avec une boussole, il faut tenir compte
de la déclinaison magnétique). En dehors de l'équinoxe, et en particulier aux
solstices, vous observerez une ellipse de grand-axe E-O.
L'angle horaire de l'ombre tourne régulièrement dans le plan équatorial, mais pas sa
projection sur le plan horizontal (les angles ne sont pas conservés dans une projection
oblique), ce qui explique que les angles parcourus au sol par l'ombre en une heure ne sont
pas constants. De même, la projection oblique d'un angle de 90° sur un plan n'est pas en
général un angle de 90°, sauf quand un des côtés est parallèle au plan de
projection. A part donc l'angle 6h-12h et 12h-18h (correspondant au lever, midi ou coucher
du Soleil, c'est à dire les directions E-O et N-S), l'angle fait par l'ombre à 6h
d'intervalle ne sera pas un angle droit."
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Le rouge dans l'univers
12/11/1999 Question d'Aurélie
Muller, enseignante de cycle 3 à l'école de l'IUFM de Colmar, anima@cybercable.tm.fr
Pour ce qui est de la couleur des astres causée par la température et la composition
chimique, il n'y a pas de problème.
Ce que j'ai du mal a saisir c'est le décalage vers le rouge : On m'a parle d'effet
Doppler que je comprends en Physique, mais la je ne vois pas le rapport :
La variation longueur d'onde (v/c).
Le fait est donc que si la galaxie que je regarde séloigne je la verrais plus dans
le rouge que si elle ne séloignait pas. Mais pourquoi vers le rouge ..
Et comment a partir de ce spectre virant au rouge on peut être sûr que létoile
n'est pas en fin de vie mais que tout simplement elle séloigne ?
Enfin voilà le décalage vers le rouge n'est pas encore très clair pour moi et s'il ne
l'est pas je ne pourrais répondre aux questions des enfants sur ce sujet..
17/11/1999 Réponse de
Gilles Henri
Pour préciser ce que vous dites, la relation de l'effet Doppler (qui n'est vraie
qu'approximativement pour des faibles vitesses) est valable algébriquement, c'est a dire
avec un signe + ou - : si la source séloigne la vitesse est comptée positivement
et la variation de longueur d'onde est aussi positive donc la longueur d'onde augmente, si
elle se rapproche c'est le contraire, la longueur d'onde diminue.
L'expression "décalage vers le rouge" s'applique donc aux couleurs du visible
qui se rapprochent du rouge (côté des grandes longueurs d'onde) lorsque la source
séloigne : le jaune tendant vers l'orange, le bleu vers le vert etc...(l'inverse
quand elle se rapproche).
Cet effet serait effectivement très difficile (en fait impossible) à séparer de l'effet
de température si il n'y avait que lémission thermique dite "du corps
noir" qui relie la couleur d'une étoile à sa température. On peut en effet montrer
que l'effet du décalage Doppler sur une émission thermique de corps noir est exactement
équivalent à celui d'une variation de température. Heureusement il y a d'autres
caractéristiques du spectre des étoiles qu'on peut détecter: ce sont les raies
spectrales caractéristiques de chaque atome ou ion : par exemple le sodium émet deux
raies intenses, qui donnent la couleur jaune-orangée caractéristique des réverbères
aux carrefours. L'important est que la position ( en longueur d'onde) de ces raies est
indépendante de la température, seule leur intensité en dépendant. Un décalage en
longueur d'onde ne peut venir QUE de l'effet Doppler (ou d'un très fort champ
gravitationnel, mais ce dernier effet n'existe que dans des conditions très extrêmes,
autour des trous noirs par exemple). En mesurant la longueur d'onde apparente de raies
bien connues (ce qui suppose de les avoir correctement identifiées , ce qui n'est pas
toujours facile pour les grands décalages...), on mesure bien la vitesse
déloignement de l'étoile ou de la galaxie dans son ensemble (toutes les raies des
étoiles se superposant approximativement au même endroit)."
23/11/1999 Question d'Aurélie
Muller, enseignante de cycle 3 à l'école de l'IUFM de Colmar, anima@cybercable.tm.fr
Vous dites donc que si je connais les raies équivalentes à des éléments chimiques, il
m'est possible de savoir si les raies que j'observe sur mon spectre sont dues simplement
à la composition chimique de l'astre ou au décalage vers le rouge .
Enfin j'espère avoir bien compris !!
Mais le problème est que si on ne connaît pas la composition chimique de l'astre,
comment peut-on alors faire la différence entre ce qu'on croit être des éléments
chimiques et le simple fait qu'il y a décalage vers le rouge ? Comment être sure que ce
n'est pas un élément chimique qui est rarement dans ce type d'astre ?
Au début de létude de spectres, on ne connaissait pas la composition chimique
exactement des astres alors comment a-t-on pu faire la différence entre des raies donnant
les éléments chimiques et celles qui indiquent ce fameux décalage ?
25/11/1999 Réponse de Claudine
Kahane
S'il n'y avait que quelques raies dans les spectres stellaires, on pourrait peut-être
imaginer que par une coïncidence merveilleuse ces raies une fois décalées par effet
Doppler tombent justement sur les fréquences d'autres raies existantes. Il serait alors
impossible de distinguer un spectre du premier type décalé par effet Doppler d'un
spectre du deuxième type non décalé. Avec quelques raies, cela tiendrait du miracle,
mais avec les dizaines de raies que comptent les spectres stellaires, qui dessinent
souvent des "motifs" très caractéristiques (des associations de raies bien
reconnaissables comme des doublets, des triplets,...) c'est tout a fait impossible. Il
peut arriver que certaines raies demeurent "non identifiées", mais il y a
toujours suffisamment de raies identifiées dans les spectres pour effectuer des mesures
très précises de décalage Doppler.
Cela ne sert d'ailleurs pas seulement, loin s'en faut, a mesurer le mouvement
déloignement des galaxies. On en tire des informations très fines sur le mouvement
de la matière a la surface, ou proche de létoile : chute sur létoile,
éjection, rotation..."
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Quand
débute le troisième millénaire ?
12/12/1999 Question de Vincent Chevillon, enseignant de cycle 3 à
lécole de zil ( 51) V.CHEVILLON@wanadoo.fr
Quand le troisième millénaire commence-t-il du point de vue astronomique? Pourquoi ?
15/12/1999 Réponse de
Gilles Henri :
Je dirai personnellement que ce n'est pas réellement une question astronomique, la
numérotation des années et des siècles étant purement conventionnelle (la notion même
de troisième millénaire ne concerne que les chrétiens, qui ne sont qu'une partie de
lhumanité!).
L'argument habituel contre le fait de commencer le troisième millénaire le 1er janvier
de l'an 2000 est bien connu : comme il n'y a pas eu d'an zéro (hélas!), le premier
siècle sétend de l'an 1 a 100 inclus, le deuxième de 101 a 200 etc..et le XXe de
1901 a 2000.de même le deuxième millénaire s'étend de 1001 a 2000 et donc le début du
troisième millénaire est le premier janvier de l'an 2001 a 0h...Ceci dit comme
l'importance de lévénement est essentiellement psychologique, libre a chacun de
faire commencer le premier siècle en -1, ou de le faire terminer en 99 en ne considérant
qu'il n'a eu que 99 ans...et de ne pas se priver de faire la fête pour de simples
questions de sémantique!
15/12/1999 Réponse de Fabienne
Casoli
Je ne suis pas totalement d'accord avec Gilles Henri quand il dit qu'on peut faire
commencer le siècle quand on veut. Il y a des règles pour cela, de la même manière
qu'on ne peut pas faire commencer l'année le 31 décembre (là aussi c'est parfaitement
conventionnel). Et la règle pour les siècles et les millénaires est tout a fait claire
! Voir à ce sujet le serveur Web du BdL ( http://www.bdl.fr/Granpub/an2000.html
)
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Calculer le
rayon de la Terre en reproduisant l'expérience d'Ératosthène
28/01/2000 Question d Abdelkader Belgherbi, enseignant en cycle 3
à lécole Jean Alloitteau Vinça ( 66), Abdelkader.Belgherbi@wanadoo.fr
Je désire mener avec mes élèves du CM2 un relevé d'ombre sur le méridien
"passant" par notre commune et en un autre point de ce méridien distant de 800
km ou plus. J'ai proposé l'expérience d'Eratosthène à partir de la situation problème
suivante :
La découverte d Ératosthène
Au troisième siècle avant Jésus-Christ, à Alexandrie en Egypte vivait un homme du nom
d'Ératosthène. Il dirigeait la grande bibliothèque d'Alexandrie, et c'est là qu'un
jour un papyrus attira son attention. Il y lut qu'à Syène, ville du sud située près
des premières chutes du Nil, le 21 juin à midi, un bâton planté à la verticale ne
jetait pas d'ombre. Ce jour-là, alors que midi approchait les ombres des colonnes du
temple raccourcissaient ; à midi elles avaient disparu.
Tout autre que lui aurait négligé cette observation. Mais Eratosthène était un esprit
scientifique et en réfléchissant sur ce phénomène apparemment banal, il changea le
monde. En effet il eut la présence d'esprit de vérifier si, autour de midi, le 21 juin,
à Alexandrie, un bâton vertical jetait une ombre. L'expérience fut positive.
Il se posa alors la question suivante:
" Comment se fait-il qu'à Syène un bâton planté verticalement n'ait pas
d'ombre, alors qu'au même moment à Alexandrie, beaucoup plus au Nord, un bâton planté
verticalement a une ombre ?
Face à cette question les élèves ont proposé plusieurs hypothèses dont l'une est :
"le bâton est planté en des endroits différents ce qui explique que le soleil soit
présent ou pas ou qu'il éclaire différemment"
Pour vérifier leurs hypothèses, leurs propositions étaient les suivantes :
aller en
Egypte,
planter un bâton à Alexandrie et à Syène (Assouan aujourd'hui)
Planter deux
bâtons en France en respectant la distance Syène-Alexandrie et "l'alignement"
constaté sur la carte d'Egypte entre Syène-Alexandrie.
Nous aimerions donc mener un relevé d'ombre en plusieurs points (au moins deux) sur le
méridien passant par Vinça (commune des Pyrénées Orientales) et en d'autres points
(communes) qu'il nous reste à définir .
S'il vous est possible de déterminer ce tracé, pourriez-vous nous l'indiquer , dans le
cas contraire auriez-vous des contacts disposés à nous aider ?
31/01/2000 Réponse de Fabienne
Casoli :
"S'il s'agit seulement de refaire lexpérience d'Eratosthène, je pense que
c'est assez simple a faire, mais plus difficile a comprendre. J'ai lu des compte rendus
dexpériences faites avec des classes (plutôt en fin de sixième). Ce n'est pas la
peine d'attendre midi, puisque de toutes façons :
midi vrai est
diffèrent de midi en temps civil,
il y aura une ombre
aux deux endroits.
Par ailleurs, pour la précision des mesures, il faut prendre un grand bâton (dans ce que
j'ai lu, il s'agissait d'un poteau de volley). Et puis bien sûr, se synchroniser pour
faire la mesure à la même heure.
Les difficultés que je vois:
bien comprendre que
les rayons lumineux du Soleil sont parallèles
faire attention à
ne pas les dessiner parallèles a léquateur !
relier les
quantités mesurées (longueurs des ombres, hauteurs des poteaux) au rayon de la Terre en
passant par des angles ne me parait pas du tout évident (d'ailleurs, la plupart des
adultes non scientifiques sèchent sur ce problème)
enfin, quand on ne
dispose pas du calcul trigonométrique (tangentes...), la précision de la mesure me
parait douteuse. Je suppose que lidée est de faire un dessin du poteau et de son
ombre à léchelle et de mesurer l'angle avec un rapporteur. La précision est, me
semble-t-il, de l'ordre du degré.
Or la différence entre les deux angles (un pour chaque latitude), qui est la quantité
cherchée, est de l'ordre de 5 degrés. Je pense qu'on peut faire des erreurs assez
considérables, puisque l'erreur sur la longueur du méridien est directement
proportionnelle à celle qu'on fait sur chaque mesure d'angle (x2) ! Il ne faut donc pas
s'attendre à une précision meilleure que 20 pour-cent...(sans compter les erreurs de
mesure des ombres, de hauteur des poteaux, de la distance entre les deux villes sur un
atlas, etc.) "
Voir aussi à ce sujet la
réponse de Mireille Hibon pour le réseau des formateurs.
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La
déclinaison de l'axe de chaque planète du système solaire par rapport
au plan de l'écliptique
29/02/2000 Question de Géraldine THOMAS, accompagnatrice scientifique
en Seine-St-Denis, à l'école gerathomas@aol.com
Les élèves de CM1
construisent une maquette du système solaire. Ils voudraient
placer les axes de rotation propres à chaque planète (l'axe
autour duquel la
planète tourne sur elle même). Pouvez vous nous donner la déclinaison
de l'axe de chaque planète par rapport au plan de l'écliptique?
01/03/2000 Réponse
de Gilles Henri
Trouvé sur le site web suivant :
http//atmos.nmsu.edu/jsdap/encyclopediawork.html

| Planète |
Angle de
l'axe des pôles par rapport a la normale au plan orbital de la
planète
|
ascension
droite |
déclinaison
de l'axe polaire |
| Venus |
177.40 |
272.78 |
67.21 |
| Terre |
23.40 |
0.00 |
90.00 |
| Mars |
25.20 |
317.57 |
57.52 |
| Jupiter |
3.10 |
268.04 |
64.49 |
| Saturne |
26.70 |
39.36 |
83.45 |
| Uranus |
97.90 |
257.43 |
-15.10 |
| Neptune |
29.00 |
295.33 |
40.65 |
La première colonne donne
l'information demandée (angle de l'axe par rapport à la
perpendiculaire à l'écliptique). Une valeur supérieure à 90 °
signifie une rotation rétrograde (contraire à celle de la Terre) ,
pour Venus et Uranus.
Cet angle ne permet pas de positionner complètement les axes de
rotations puisqu'il définit seulement un cône autour de la normale à
l'écliptique. Une information plus précise est donnée par les deux dernières
colonnes qui donnent les coordonnées (ascension droite et déclinaison)
du point de la voûte céleste vers lequel pointent ces axes. Si il y a
une étoile brillante au voisinage de ces points, ce serait "l'Étoile
Polaire" de cette planète...
01/03/2000 Réponse de Fabienne
Casoli
Mercure
0 degré
Venus 178 degrés
Terre 23,5
Mars 24
Jupiter 3
Saturne 27
Uranus 98
Neptune 30
Pluton 99
(si l'angle est supérieur à 90 degrés, la rotation de la planète
sur elle-même
est rétrograde par rapport au sens dans lequel elle parcourt son
orbite).
Source les planètes, Daniel Benest, Points Sciences.
01/02/2000 Réponse
de David Le Mignant
Vous trouverez sur le site SkyEye
- Planetary Data http://www.obliquity.com/skyeye/misc/planet.html

les valeurs de l'angle d'inclinaison de
l'équateur de la
planète par rapport a son plan orbital, mais aussi la valeur
de l'angle d'inclinaison du plan orbital de la planète par rapport
a l'écliptique.
Le site est en anglais, mais les angles sont bien en degrès!
02/03/2000 Réponse de Janet Borg
Ces
données existent dans divers livres de vulgarisation d'astro. Les voici
| Planètes |
Rayon (en km) |
inclinaison |
distance au
Soleil (en km) |
| Mercure |
2400 |
0° |
58
millions |
| Vénus |
6000 |
2° |
110 millions |
| Terre |
6400 |
23° |
150
millions 150 millions |
| Mars |
3400 |
24° |
230
millions |
| Jupiter |
71000 |
3° |
780
millions |
| Saturne |
60000 |
29° |
1400
millions |
| Uranus |
25000 |
97° |
2900
millions |
| Neptune |
24000 |
29° |
4500 millions |
Il y donc 3 familles axe quasi
perpendiculaire, axe incline + ou - cf la Terre et Uranus. Il me semble
que de toute manières, une telle maquette est difficile, sinon
impossible, à construire (voir valeurs distances/ rayons, et encore, il
manque le rayon solaire) ! Cette inclinaison, responsable du phénomène
des saisons, est un plus à rajouter, quand on parle d'une planète
particulière (comparer les saisons sur Venus et la Terre par ex ou voir
que "c'est presque pareil" sur la Terre et Mars, etc ...)
02/03/2000
Complément de réponse de Gilles Henri
C'est curieux de constater que les valeurs données suivants les
sources, bien que très proches peuvent varier de plus de 1°!
la première colonne de mes données correspond effectivement à l'angle
de
l'axe des pôles par rapport a la normale au plan orbital de la
planète et non à l'écliptique (cf David Le Mignant) il
parait
effectivement difficile de réaliser une maquette prenant
en compte
les inclinaisons des plans orbitaux qui n'est de toutes
façons que de
quelques degrés... en revanche on peut s'amuser a
positionner les
axes en ascension droite et déclinaison, même si ça
parait aussi un peu difficile a expliquer au niveau CM1..
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La
masse de la Terre
17/03/ 2000 Question de Didier Blandin, enseignant de cm1 à l'école élémentaire
Pierre Brosselette à Paris didier.blandin@freesbee.fr
Pendant une séance sur le système solaire et l'étude de la
Terre.(rotation, révolution...). On disait que la masse de la Terre était
de 156 x 10 puissance 21 et les élèves, une fois le nombre écrit au
tableau m'ont demandé comment on le lisait et comment pouvait-on évaluer
sa masse?
23/03/2000 Réponse de Jean
Matricon :
Quand on donne une masse, il est de bon ton d'en donner l'unité. S'il
s'agit de kg, le nombre est FAUX, le nombre correct étant 5,98 x 10
exposant 24. Ceci n'est qu'un détail, la vraie difficulté étant de
donner un sens à ce nombre. Le fait de dire que la masse de la terre
est d'environ six millions de milliards de milliards de kg apporte-t-il
une lumière ? Personnellement, je ne pense pas. Toute évocation de ce
nombre ne dit rien de plus que le nombre lui-même, à condition de
savoir exprimer les puissances de 10. On peut s'amuser en évoquant le
fait qu'il y a autant de kg dans la masse de la terre qu'il y a de
molécules d'eau dans un verre plein. Discuter de la masse de la terre
n'a en soi que peu d'intérêt, et si le but de l'opération est de
faire découvrir le sens des très grands nombres, il vaudrait sans
doute mieux en prendre d'un peu moins énormes, mais plus accessibles à
l'imagination, par exemple le nombre de verres d'eau qu'il faudrait pour
boire toute la méditerranée, qui est quand même de 50 millions de
milliards! Toute la population de la terre buvant un verre toutes les 10
secondes pendant 3 ans, etc,etc...
24/03/2000 Réponse de David
Le Mignant
Je me souviens avoir regardé
lors d'un atelier d'astronomie, un petit film sur les puissances de dix.
Je ne peux dire s'il est adapté réellement aux classes de cycle 1 ou 2
mais je pense qu'il peut être une bonne source d'information pour un
enseignant de ces cycles.
Je n'ai pas la référence exacte mais ce film
est répertorié à
l'adresse suivante :
http://www.wfi.fr/formavision/catfr/it190003.htm

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Vider
une bouteille d'eau sur la Lune
24/03/2000 Question du CM2 de lécole de
Villefort en Lozère ep.villefort@wanadoo.fr
"Si on vide une
bouteille d'eau sur la Lune, que va- t-il se passer sachant que :
- sur la terre l'eau qui se vide est remplacée par l'air qu-il y a autour
- sur la lune il n'y a pas d'air.
l'eau va t-elle tomber de la bouteille ?
Si oui par quoi sera t-elle remplacée ?
Nous nous sommes heurtés à cette interrogation au cours d'une séance
sur les gaz. La question de départ était : Qu'y a-t-il dans une
bouteille vide ? Les expériences effectuées nous ont amenés à la
conclusion que le contenu d'une bouteille vide ouverte était remplie de
la même matière que le milieu ambiant, soit de l'air si on se trouve sur
la terre. Mais qu'en est-il si on se trouve dans un milieu où il n'y a
pas d'air ?
...Et impossible de faire le déplacement sur la lune pour vérification
avant une centaine d'années !!!"
25/03/2000
Réponse dAurélien Barreau
Il ne faut pas avoir peur du vide !!! L'eau ne tombe pas de la bouteille
à cause de la présence d'air mais a cause de la force de gravitation
qui l'attire vers le sol. En fait, la présence d'air va même plutôt gêner
l'opération: à l'intérieur de la bouteille, se crée une dépression
au fond qui n'équilibre pas la pression atmosphérique poussant du côté
du goulot.
Il s'ensuit qu'une bouteille complètement retournée se vide assez
difficilement sur la Terre. S'il n'y avait pas d'air, il n'y aurait pas
de pression atmosphérique du côté du goulot et la bouteille ne s'en
viderait que mieux (un peu comme quand on perce un trou dans le fond).
Autrement dit, dans le vide l'eau n'est remplacée par rien, mais ça ne
l'empêche pas de s'écouler sous l'effet de la gravitation ! Sur la
Lune, il faudrait aussi tenir compte de ce que la gravité est plus
faible que sur la Terre, mais c'est là un autre problème.
25/03/2000
Réponse de Fabienne Casoli :
Oui, l'eau va tomber, mais en bloc.
Et surtout, elle va se mettre a bouillir (s'évaporer), puisqu'on la met
dans le vide. L'eau sera remplacée par de la vapeur d'eau, et cette
vapeur d'eau va se diluer dans le vide environnant, et la bouteille sera
finalement pleine de vide...
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Voit-on
toujours la même face de la Lune ?
27/04/2000 Question de Stéphane
Jung, animateur astronomie au collège Jean Jaurés dans lEure, EPS.Jj@ac-rouen.fr
Animant un atelier
d'astronomie dans le cadre des parcours diversifiés au collège, 2 élèves
partaient en vacances de Pâques à la Réunion. Avant leur départ, ils
se sont posé la question suivante :
Est-ce que la géographie lunaire que l'on peut voir dans l'hémisphère
Sud est identique à celle que l'on peut voir dans l'hémisphère Nord ?
Voit-on toujours la même face de la lune ?
28/04/2000 Réponse
de Janet Borg
Proposer aux élèves une maquette pour comprendre pourquoi on voit
toujours la même face de la Lune depuis un point quelconque de la Terre
: une mappemonde sur laquelle une gommette symbolisera l'enfant en
France et une autre sur l'île de la Réunion. Faire tourner au niveau
de l'équateur, mais assez loin (ce n'est pas évident à réaliser ! en
la piquant sur du fil de fer rigide ou une aiguille à tricoter) une
balle de ping-pong sur laquelle des dessins au feutre auront été faits
qui permettent de reconnaître l'avant et l'arrière de la balle. TRES
IMPORTANT: quand la balle fait un tour complet autour de la Terre, elle
fait un tour complet sur elle même. Pendant le même temps, la Terre
aura peu avance sur sa trajectoire autour du Soleil (ça prend 28 jours,
par rapport aux 365 jours d'un tour complet). Les enfants concluront
d'eux mêmes.
Dans les classes du primaire, des groupes d'enfants peuvent mimer la scène.
Peut-être qu'au collège aussi !
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Le
calendrier grégorien, le système à base 60
13/05/2000
Question Frédéric Simon,
enseignant à l'école Pierre Loti d'Istanbul, fredo@superonline.com
Suite à un travail de réflexion que nous avons mené en conseil de cycle
III, nous souhaiterions savoir :
Quel est le
fondement du calendrier grégorien ?
Pourquoi les années
sont divisées en mois, puis en semaines, puis en jours de 24 heures
?
Pourquoi n'y
aurait-il pas trente heures dans un jour, et pourquoi 60 secondes dans une
minute et non 100 ?
15/05/2000
Réponse de Catherine Nozières
Depuis le début de l'écriture le calendrier babylonien et égyptien
(-3000 env) est essentiellement basé sur l'observation de la lune et de
ses phases -soit un retour a une même phase de 29,53 jours environ-;
ces sociétés agricoles avaient comme repère cyclique l'année des
saisons (floues au départ), soit entre 12 et 13 mois lunaires
(synodiques) mais plus proche de 12 (354 jours) que de 13. Quand un
moyen relativement précis de déterminer la longueur de l'année
solaire a été conçu ou tout au moins quand un repère astronomique
(lever héliaque en Mésopotamie ou crues du Nil en Égypte associées
au lever héliaque de Sirius) a été repéré, le calendrier devint
luni-solaire avec 12 mois lunaires de 29 ou 30 jours selon les
observations
du retour à la
phase choisie. Quand le 1er de l'an était trop éloigné du début d'un
mois, on rajoutait un mois supplémentaire (année de 13 mois)
Par ailleurs, les égyptiens ont détermine vers -3000 une année
de 365jours ; l'etat géré par des fonctionnaires a mis au point un
calendrier plus systématique vers -2800 ou on voit apparaître
l'influence de leur système décimal : année de 12 mois de 30 jours +
5 jours supplémentaires dits epagomènes, le mois est découpé en 3
semaines de 10 jours, il y a 3 saisons de 4 mois.
L'année est alors vague; au cours des 2,5 millénaires d'histoire les
1/4 de jours par an manquants se sont accumulés (100 jours en 400 ans)
l'hiver devenait l'été et réciproquement.
Mais les agriculteurs continuaient à fonctionner sur la base de l'année
de 12 ou 13 mois
La périodicité de ces intercalations est établie par les Babyloniens
vers 450 avt J.C pour l'ensemble du royaume : cycle de 19 ans dit un peu
abusivement comme étant le cycle du grec Méton -> 12 années de 12
mois + 7 années de 13 mois le tout étant stable par rapport au soleil
avec 1 jour de décalage tous les 300ans approximativement.(utilisé par
les hébreux , puis les
arabes de
la péninsule arabique (sauf après l'hégire : Mahomet souhaite se démarquer
de l'emprise des religieux de l'époque), puis par les chrétiens
jusqu'a la reforme du pape Grégoire pour déterminer la date de Paques.
En bref :
La base de notre
mois (très malmené par les romains) a pour origine le mois lunaire
(synodique)
La découpe en
semaine de 7 jours est probablement babylonienne tardive reprise par les
hébreux; il semble que 10 jours soient trop longs cf. Le calendrier révolutionnaire
français.
Le nombre de mois
(12) dans l'année des saisons découle de l'organisation en mois
lunaire; la division du cercle en 360 degrés est un parallèle (12 fois
30° USh (degré babylonien) avec la découpe de l'année: elle est héritée
de la Mésopotamie par l'intermédiaire des astronomes grecs qui
comptaient à la suite de Babyloniens en système sexagésimal. La
division de la nuit en 12 "heures" est une découpe égyptienne
aux environs de 2200 av JC, par symétrie 12 heures de jour soit 24
heures au total (origine : observation des étoiles décanales (levers héliaques
tous les 10 jours successivement) à l'époque du lever héliaque de
Sirius.
L'heure
est divisée par les astronomes grecs en 60 unités (façon
babylonienne) et puis encore en 60 secondes.
Nota: dans l'antiquité le seul système numérique convenable à de la
science
théorique
et expérimentale était le système de numération de position à base
60 des Babyloniens (existe des 3200 av JC) ; surtout avec ce fait
remarquable que ce système permettait tout naturellement de définir
des chiffres inférieurs a l'unité -> n/60ieme, n'/3600ieme etc; il
ne manquait qu'un vrai zéro qui était soit un vide soit un
point.
La
reforme de Grégoire cherche à re-situer, mais dans le cadre existant déjà,
une date de Paques qui a dérivé au cours des siècles mais qui doit
rester aux environs de l'équinoxe de printemps pour que le miracle de
la soit-disant éclipse de soleil des Textes -a une époque impossible (époque
de la pleine lune)- soit préservée.
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Pourquoi
la marée est-elle plus importante en Atlantique qu'en Mediterranée ?
31/05/2000 Question de Véronique Freydier, enseignante de cycle 3
à l’école d’Arcay ( 18) cfreydier@aol.com
Nous
nous demandons pourquoi la marée est plus importante en Atlantique qu'en Méditerranée
car une petite fille de CE1, lors de ces vacances en corse, a attendue désespérément
la marée basse pour aller pécher a pieds!!!!
Cette discussion faisait suite à une classe de découverte a jard sur
mer.
06/06/2000
Réponse de Gilles Henri
Sans
trop rentrer dans les détails techniques, on peut dire que la marée
est due à l'influence conjointe de la Lune et du Soleil (l'influence de
la première étant environ deux fois plus forte) qui tend à déformer
la surface des océans pour leur donner une forme de ballon de rugby (en
exagérant bien sûr). Le volume total de l'eau étant constant, il y a
donc des zones où la surface est plus élevée que la moyenne (haute
mer) et des zones où la surface est plus basse (basse mer). La Terre
tournant en 24h, chaque point de sa surface passe deux fois par la haute
mer et deux fois par la basse mer, sauf phénomènes locaux un peu trop
compliqués a expliquer. D'où au bord de l'océan deux marées hautes
et deux marées basses par 24H;
Mais pour que le niveau varie, il faut bien que de l'eau puisse être
transférée des zones de haute mer vers les zones de basse mer, ce qui
peut se faire dans les océans qui communiquent largement entre eux à
l'échelle de la Terre, par ce qu'on appelle les courants de marée. En
revanche si l'on considère une petite étendue d'eau isolée du reste,
la marée ne peut rien changer: prenons le cas extrême d'une cuvette
d'eau ou d'une piscine, il est évident que l'attraction de la lune n'a
aucune influence sur le niveau puis qu'aucune arrivée extérieure n'est
possible!!
La
Méditerranée étant une mer de petite taille et presque fermée, est
analogue à une grosse piscine avec cependant une petite ouverture par
le détroit de Gibraltar. Lorsque l'onde de marée haute arrive dans
l'Océan Atlantique, elle commence par remplir lentement la Méditerranée,
mais elle n'a pas le temps de se mettre à niveau (de se
"remplir") avant que la marée basse suivante arrive : d'où
un phénomène de marée non nul, mais d'amplitude faible. (environ 50
cm je crois..)..ce qui est très déroutant pour ceux qui ont l'habitude
de l'océan..et vice-versa!
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